AVIS | Bienvenue dans la division

Lorsqu’ils m’ont activée en tant qu’agent de la Division, ils m’ont dit ceci : Merry, tu es un être exceptionnel, tu es promise à un grand avenir. Et le plus beau, c’est qu’ils avaient raison.

Non. Attendez. Je crois que je confonds.

Je vous l’accorde, voir Tom Clancy’s The Division trôner dans ma ludothèque est assez improbable. Il faut dire que mon idylle avec Ubisoft avait tragiquement pris fin avec la sortie d’Assassin’s Creed Unity, et j’ai la rancune tenace. Mais voilà, à peine avais-je tourné la page de ma rupture avec l’éditeur Français que je remets le couvert. Pourquoi ? Hé bien, à l’instar des histoires de coeur, je serais tentée de vous dire que « tu vois, avec lui, c’est pas pareil ».

The Division, c’est la dernière production d’Ubisoft conjointement développée par Reflections, Massive Ent., Red Storm Ent. et Ubisoft Annecy sortie le 8 mars dernier. C’est l’outsider que je ne m’attendais pas à acquérir et encore moins à apprécier. Et pourtant : j’y ai joué ; je l’ai aimé ; mieux : je me suis amusée.

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DE LA DESTRUCTION DE L’HOMME PAR L’HOMME

C’est le Black Friday !  Le soleil brille, les oiseaux chantent et New York est en ébullition : les gérants de magasins se frottent déjà les mains et les consommateurs sont prêts à manger du riz jusqu’à la fin du mois pour pouvoir acquérir le dernier smartphone à moitié prix. Oui, cette journée s’annonçait merveilleuse, à ceci près qu’un petit plaisantin a trouvé drôle d’infecter un billet avec un virus mortel et hautement contagieux et se délecte sûrement de voir la pandémie se répandre dans la ville à vitesse grand V.

C’est là que vous intervenez : vous êtes un agent dormant activé pour remettre de l’ordre dans la métropole ravagée, et ce par n’importe quel moyen.

C’est une histoire de pandémie impulsée par une personne aux motifs obscurs que vous découvrirez au fil de votre aventure. Ce scénario post-pandémique sonne comme un récit dystopique classique, mais il a le mérite de poser une réflexion sur plusieurs pratiques réelles. De plus, et c’est un autre point fort du jeu : l’histoire est intéressante et bien amenée. Au gré de vos missions, elle va se scinder en plusieurs histoires parallèles et inclure des personnages dont les actions serviront de rouages à la compréhension de votre point de départ.

Le background est renforcé grâce aux intels, sortes de témoins de la catastrophe avant votre activation, que vous trouverez sous forme de conversations téléphoniques ou d’échos : des reconstitutions de scènes passées en hologrammes. Toutes ces pièces rassemblent le puzzle et choisir de les ignorer reviendrait à passer à côté d’une grande partie de la compréhension en détails de l’histoire.

Le scénario pose donc une thématique intéressante : celle des virus éradiqués toujours conservés, pouvant mener à ce genre de catastrophe s’ils étaient employés à des fins néfastes. Il corrobore également la célèbre locution homo homini lupus est, « l’homme est un loup pour l’homme », en tendant à montrer que nous sommes capables du meilleur comme du pire envers nos semblables. L’humanité prend alors une acception purement négative.

Tom Clancy's The Division™2016-3-9-15-47-22

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LES ANTIBIOTIQUES, C’EST PAS AUTOMATIQUE

C’est le Black Friday !  Le soleil brille, les oiseaux chantent et New York est en ébullition : les gérants de magasins se frottent déjà les mains et les consommateurs sont prêts à manger du riz jusqu’à la fin du mois pour pouvoir acquérir le dernier smartphone à moitié prix. Oui, cette journée s’annonçait merveilleuse, à ceci près qu’un petit plaisantin a trouvé drôle d’infecter un billet avec un virus mortel et hautement contagieux et se délecte sûrement de voir la pandémie se répandre dans la ville à vitesse grand V.

C’est là que vous intervenez : vous êtes un agent dormant activé pour remettre de l’ordre dans la métropole ravagée, et ce par n’importe quel moyen.

Nous voilà donc plongé au coeur d’un New York post-pandémique fidèlement modélisé à échelle humaine. Première surprise : sur PC les graphismes sont plutôt travaillés, et c’est un point qui rassure. Le jeu possède une rotation jour/nuit et des changements météorologiques bien gérés qui vont jusqu’à poser quelques contraintes de gameplay, notamment lors des tempêtes de neige. Les environnements sont variés à mesure que l’on découvre les différents quartiers et le sound design rend l’ambiance pesante. Si l’on est attentif, on peut même capter quelques bribes de conversation entre des PNJ enfermés dans leur habitation et même apercevoir plusieurs d’entre eux ouvrir la fenêtre pour nous adresser directement quelques mots. Tout ce travail de background graphique rend la partie dynamique et instaurent une ambiance intéressante. En clair : visuellement le jeu est beau et ça fait plaisir.

Seconde surprise : le jeu n’est pas buggé ! … Non, je déconne. Evidemment, comme tout jeu édité par Ubis– raah, désolée, je m’étais promis de ne pas faire cette blague–, il comporte son lot de bugs, des moins au plus gênants. Les traditionnels bugs de collision vous coinceront entre une porte et un casier et vous obligeront à attenter à votre vie afin de vous dégager de là. Les bugs de texture sont aussi très voire trop présents et rendront votre partie injouable si le chunk s’est mal chargé ou si une personne rejoint votre partie, vous obligeant à quitter le jeu et à le relancer. Si votre connexion est faible, il vous arrivera aussi de rester bloqué en train de faire des jumping jacks si vous décidez de montrer vos talents de sportif. Ici en revanche, rien de gênant sauf pour votre honneur personnel.

Tom Clancy's The Division™2016-3-14-20-47-24

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LE MÉLANGE DES GENRES

Sur PC il vous est possible de jouer en 60fps sans grosse chute de framerate si votre matériel et votre connexion vous le permettent. C’est un point important puisqu’il confère au jeu une fluidité très appréciable. Sur consoles de salon en revanche le framerate est bloqué à 30fps.

Le gameplay est plutôt intuitif et introduit par le tutoriel le plus court de l’histoire des tutoriels, et ce n’est pas sans déplaire. Les commandes sont basiques à l’instar de Watch_Dogs : vous pourrez marcher, courir, faire des roulades, viser et tirer, effectuer des actions et vous mettre à couvert. Carton rouge pour ce dernier puisque la mise à couvert est insupportablement incontrôlable si la caméra n’est pas face à votre personnage lorsque vous effectuez une action liée.

Posons-le de suite : si The Division possède de prime abord un solide aspect de jeu de shoot, ce n’est pas un pur TPS. Il possède une dimension RPG que j’ai personnellement trouvée très intéressante et qui vous permettra de choisir des aptitudes pour vous spécialiser dans une classe ou une autre. Cela induit également que les ennemis possèdent une barre de vie et seront plus corsés à mesure que vous progressez : la portée de vos tirs ne sera donc pas réaliste.

La carte possède une taille très acceptable et vous la découvrirez au gré des missions principales à effectuer ça et là en fonction de votre niveau et de la progression dans l’histoire. Vous trouverez en outre beaucoup de missions secondaires qui vous permettront de vous promener à loisir. Le jeu n’est donc pas dirigiste, et en qualité de grande adepte du parcours hors scénario c’est un point que j’ai beaucoup apprécié. Les missions secondaires sont en revanche un peu redondantes, mais toujours moins que dans Watch_Do– raah, désolée, c’est plus fort que moi !–.

Le jeu nécessite une connexion permanente mais il vous est possible de vivre l’expérience en solo autant que jusqu’à quatre joueurs. Qu’à cela ne tienne, les missions ne perdent pas de leur intérêt puisque le niveau général augmente en fonction du nombre de personnes dans le groupe et invite à appréhender la partie d’une manière différente. Vous pourrez également régler la difficulté des missions principales pour plus de challenge. Mais ne vous leurrez pas, l’IA des ennemis ne deviendra pas miraculeuse et vous n’aurez en face de vous que de gros sacs à PV.

En end game la rejouabilité est impulsée par des missions quotidiennes et la possibilité de refaire les missions principales en difficulté expert. La Dark Zone au centre de la carte est la seule zone PvP du jeu et vous offrira la possibilité de vous mesurer à d’autres joueurs. Selon moi, elle prend tout son intérêt en end game et offre également de la rejouabilité mais reste purement optionnelle et n’amputera pas la durée de vie du titre qui avoisinera les 20h si vous vous contentez du minimum à 50h si vous prenez le temps de tout découvrir [estimation Merryenne, NDLR].

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LA MUSICALITÉ DU CHAOS

S’il y a un autre point qui a été soigné dans The Division, c’est le sound design. Il est présent sans être intrusif et prévient des événements sur la map grâce à des sons facilement identifiables et qui permettent d’appréhender les événements en se fiant en partie à notre oreille. Cela s’inscrit dans une démarche d’intuitivité de gameplay bien pensée et que l’on assimile très rapidement. Pour les personnes malentendantes, cela pourrait par contre s’avérer produire l’effet inverse.

Les musiques sont présentes sans être entêtantes. Qu’on se le dise : je n’ai pas sauté au plafond en entendant cette bande son mais elle colle très bien à l’ambiance du jeu et s’écoute avec plaisir. La bande originale se compose grossièrement de deux types de musiques. Une partie est composée de musiques d’ambiance qui sont jouées lorsque vous parcourez la carte et lors de missions. La seconde partie contient des musiques d’action qui se déclenchent lors de combats pour les rendre épiques en un instant. Et c’est une très bonne surprise puisqu’elles confèrent au jeu une dimension de film d’action plutôt prenante.

Tom Clancy's The Division™2016-3-15-15-52-22

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EN CLAIR

Si The Division comporte son lot de défauts, c’est globalement une très bonne découverte de ce début d’année. Les aspects graphiques et sonores sont soignés, le gameplay est intuitif et l’histoire est bien amenée. J’ai pris du plaisir à découvrir le jeu et c’est un sentiment que je n’avais plus retrouvé en jouant un jeu développé et édité par Ubisoft depuis la sortie de Watch_Dogs en 2014.

C’est un jeu mature et travaillé à l’instar du sus-cité Watch_Dogs qui tranche avec le caractère insipide de licences vache à lait surexploitées comme la série des Assassin’s Creed ou des Far Cry.

The Division est disponible sur PC, PS4 et Xbox One en version physique et dématérialisée et réalise l’un des meilleurs lancements de jeux de l’entreprise Française. Force est de constater que c’est mérité, mais tout n’est peut-être pas seulement à imputer au contenu du jeu si l’on en juge par la curiosité manifeste des joueurs de découvrir cette nouvelle IP. Espérons que le contenu DLC à sortir serve la durée de vie et la rejouabilité du titre. En clair, il serait peut-être temps qu’Ubisoft revoie ses priorités en matière d’exploitation de licences.

CE QUE J’AI APPRÉCIÉ

CE QUE J’AI REGRETTÉ 

  • Le scénario bien amené
  • L’intérêt du jeu en multi
  • La durée de vie
  • L’optimisation du jeu sur PC
  • L’ambiance visuelle et sonore
  • Les bugs omniprésents
  • Les problèmes de gameplay
  • La connexion permanente
  • La pauvreté de la partie end game

3 Commentaires

  1. Hello !!

    Tout d’abord, très bon article comme d’habitude, toujours aussi pertinent et bien écrit ! Un régal !

    Comme promis, j’en profite pour te donner mon bref avis sur THE DIVISION ! Ça vaut ce que ça vaut mais au moins j’aurais essayé.

    Pour moi, The Division a commencé avec une grosse frustration … la personnalisation de ton personnage. Y a clairement un manque à ce niveau là. J’aime bien passé du temps à créer mon personnage pour ensuite me l’approprié et m’y identifié. Là on se retrouve avec quelques visages basiques, « 3 » coupes de cheveux … Pour au final se retrouver ingame avec une multitude de clones surtout en PVP. Du copier coller, un peu ce qu’est le jeu globalement.

    Fort de 80 heures de jeu, je pense m’être forgé un avis objectif sur ce jeu. Ce dernier est basé sur la répétitivité et parfois la lassitude s’installe surtout lorsque l’on joue solo. Il y a toujours ce schéma qui s’installe tout au long du jeu, dans chaque quartier: planque -> rencontre -> missions secondaires -> mission principale. C’est un schéma qui peut paraitre classique dans le jeu vidéo mais le manque diversité des missions accentue cette répétitivité. J’ai l’impression de faire la même chose à chaque fois: largage humanitaire, libérer les otages, ouvrir la pompe à eau …. heureusement que les missions principales sont, quant à elles, diversifiées et plaisantes.

    Oui pour moi, The Division est synonyme de répétition que ce soit en PVE ou PVP. Après ce n’est pas pour autant que je n’ai pas aimé le jeu. J’y passe et j’y passerai encore beaucoup de temps car la dimension RPG me plait beaucoup: trouver les bonnes armes, avec les bonnes caractéristiques pour adapter ton arbre de compétences et ainsi maximiser ton perso’. Là où je te rejoins c’est la pauvreté du end game. Même si ce dernier est basé sur le farm, pour au final boucler les missions en expert, le challenge n’existe plus une fois full stuff jaune. Et selon moi, l’intérêt du jeu s’arrête là. Plusieurs jeux proposent de véritables challenges comme Destiny avec les raids, ou encore Diablo 3 avec le ladder, alors que The Division ne propose pas pour le moment de challenge « ultime ». Et c’est ce que je regrette …

    D’un point de vue technique, je n’ai pas eu de gros problème à part quelques freezes depuis la dernière maj de NVIDIA. Y avait quelques fois des murs invisibles mais aucun bug de texture ou autre bug de genre.

    Pour faire court:

    – J’ai aimé:
    * l’ambiance
    * la dimension RPG
    * les collectibles intéressants (surtout les échos)
    * le concept de la Dark Zone (finalement pas si mal que ça contrairement à ce que je pensais lors de la BETA)

    – Je n’ai pas aimé:
    * la répétitivité des missions
    * la création de personnage limitée
    * le manque de challenge et d’originalité du end game

    Et si tu veux qu’on se fasse une petite escapade dans la Dark Zone, tiens moi au courant !

  2. Hello,

    C’est la première fois que je commente sur ton blog car, je l’avoue, c’est la première fois dont je me délecte autant d’un article ! Je t’ai découvert il y a peu sur Twitter et tu confirmes par l’écrit la bonne impression que j’avais eu 🙂

    Pour en revenir à ta critique je la trouve très honnête. Tu sais citer les points forts en n’hésitant par à relever les points faibles, car il y en a. Personnellement je n’ai pas encore fini le titre mais je le trouve vraiment intéressant au niveau de l’histoire, mais j’ai peur de ne pas avoir assez de rebondissements et une révélation finale qui tiennent la route. Et puis il faut être honnête, la durée de vie je la trouve très artificielle surtout en end-game comme tu le dis, avec les quêtes journas et la Dark Zone.

    Moi qui aime les jeux à scénario/solo, je sais très bien qu’une fois fini, je ne toucherai plus au jeu …m’enfin, ça n’en est pas un mauvais pour autant comme tu dis, surtout quand on voit les autres titres du studio … oui oui pas la peine de vous cacher, je parle de vous Unity/Syndicate ! è_é

    1. Merci beaucoup ça me fait très plaisir ! ^^
      Même s’il est pensé pour durer dans le temps, je pense comme toi que The Division reste un très bon jeu « one shot », à faire une fois avant de le laisser reposer dans sa ludothèque pendant un bon bout de temps sans avoir l’impression à la fin de s’être fait rouler.

      Au plaisir de découvrir tes articles également !

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