BILLET | Goodbye Chester.

Jeudi 20 Juillet au soir. Je suis devant Terrace House avec mon copain, en train de me réjouir du départ de cette peste de Nacchan, quand je reçois un texto de Fanny : « Tu savais que Chester Bennington était mort ? », que je ne lis pas immédiatement. Ce n’est que quelques heures plus tard que je découvre des allées d’honneur et autres hommages funéraires tweeteresques. Je trouve confirmation auprès de Google : Chester Bennington, le chanteur des Linkin Park, s’est donné la mort ce jour à l’âge de 41 ans.

Chester, son nom ne m’est absolument pas obscur malgré des années à ne plus l’avoir prononcé ou écrit pour parler de mon amour pour Linkin Park. Il résonne en moi comme celui d’un vieux copain de classe, d’un amour d’adolescence platonique et idyllique, de quelqu’un qui a compté il y a fort longtemps. Des gens que j’admire sont déjà morts avant lui (Alain Bashung tu es toujours dans mon petit cœur) mais cette fois-ci c’est différent. Je n’ai jamais vu, même en concert, jamais écrit, jamais parlé à Chester et pourtant, j’ai des dizaines de souvenirs où il est présent et où il me parle à travers sa musique. Je n’ai plus repensé à lui depuis des années mais, ce Jeudi soir, j’ai envie de pleurer.

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J’ai 13 ans quand Linkin Park sort son album METEORA et que les radio et les chaînes de clips martèlent Somewhere I belong. Je tombe immédiatement amoureuse du morceau et conquiers le fameux album au Cora de ma région. Le coup de foudre se confirme et ce sont tous les albums du groupe que j’achète et écoute dans le même temps. Bientôt, mes murs se tapissent de posters dégrafés dans les magazines ONE, j’écoute les albums en boucle au volume maximum de ma vieille chaîne hi-fi, je hurle des « Shut up when I’m talking to you ! » au plus grand désespoir de mes parents, j’écume les forums à la quête de la moindre information sur leurs futurs projets, je regarde avec Fanny « Frat party at the pancake festival » et « Live in Texas » dont on connaît déjà les moindres plans, en gloussant bien évidemment. J’ai vécu une partie de mon adolescence avec ce rock pas bien méchant dans les oreilles, ces paroles empreintes de tristesse propres à parler à l’adolescente déprimée en moi. Linkin Park c’était MON groupe favori, les meilleurs, les plus cool, les plus rockeurs, les plus beaux. C’était mon adolescence.

Chester a toujours été la figure torturée du groupe et c’est pour ça qu’il a toujours été mon préféré (malgré ma grande affection pour Mike Shinoda). Sa voix, capable de la plus grande douceur quand il chante comme de la plus grande violence lorsqu’il hurle, a fait résonner en moi des paroles sombres, sans doute un peu faciles, dont j’avais alors besoin. Avec sa voix, il a posé des mots sur les affres que je traversais, sur les sentiments que je ne savais pas encore exprimer, sur les douleurs qui rongeaient mon cœur d’adolescente paumée. Il était une figure de modèle très noble, celle d’un artiste sensible et talentueux. Avec Chester et Linkin Park, j’ai jubilé, j’ai pleuré, je me suis fait des ami(e)s (Fanny <3), j’ai dansé de joie, j’ai pansé quelques blessures, j’ai grandi.

Depuis hier soir, je baigne dans ces souvenirs qui, avec le recul, sont tous heureux. Je pense à tout ce que cet artiste m’a apporté, à moi, et plein d’autres adolescents de ma génération, et je trouve ça juste beau.

Voilà. Je me sens un peu bête mais surtout un peu triste. Rest in peace Chester.

Et merci.

1 Commentaire

  1. J’ai ce même désespoir en moi, tant de souvenirs du à sa musique, ces sentiments qu’il nous a transmis à travers ses chansons, un grand Homme nous a quitté.. Paix ai ton âme Chester, tu vas nous manquer

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