BILLET ❄ | Les téléfilms de Noël : l’indispensable kitsch de l’Avent

Les téléfilms de Noël font partie de mes petits plaisirs non dissimulés à l’approche des fêtes de fin d’année. Je ne saurais me rappeler avec certitude la première fois où je me suis laissée charmer par le kitsch de ces petites productions, mais, depuis, je n’ai jamais oublié à quel point ils font partie de mes indispensables de l’Avent.

C’est sans (trop de) honte que je vous avouerai même avoir déjà vu plus de la moitié du catalogue actuel de M6 et TF1 grâce à une solide culture que je me suis forgée pendant des années. Rien ne sert de les spoiler, cependant, car ils sont tous écrits sur le même schéma, mais j’y reviendrai plus tard.

Pour moi qui ai la chance de travailler depuis chez moi, un après-midi ne saurait être productif s’il ne consiste pas à travailler enroulée dans un plaid avec une tasse de thé chaud et en étant bercée par l’une de ces comédies qui sentent bon le pain d’épices.

Ne vous y méprenez pas : je suis persuadée que derrière cette apparence de série B se cache en réalité du génie incompris que seuls les amateurs de Noël peuvent partiellement percevoir.

Alors, pourquoi j’aime les téléfilms de Noël ?

Pour leur ambiance

Ces comédies dramatiques sont un concentré de feel good qui sent bon les aiguilles de sapin et les cookies. Les réalisateurs ne semblent avoir qu’un seul objectif en tête : nous dégobiller en spray toute l’essence de Noël au visage pendant une bonne heure, et ça fonctionne.

Tout y est : la maison décorée, la séquence (de la dispute autour) du choix du sapin, les villes enneigées, les choeurs chantant à tue-tête des chants traditionnels, les musiques de casse-noisette et de Noël libres de droit à outrance parce qu’ils n’ont pas de budget pour composer une bande-son originale…

C’est un concentré de joie mièvre et de bon esprit qui finit inévitablement par me réchauffer le coeur lors de ces journées froides de décembre.

Pour leur scénario

D’ordinaire, j’aime les surprises, mais ce que j’apprécie dans les téléfilms de Noël, c’est qu’ils n’en ont justement aucune. Le scénario est un concentré de vu et revu sur-paraphrasé mais qu’il devient délicieux d’essayer de deviner.

Dans mes années de forgeage de cette culture, j’ai pu acquérir assez de matériel et de connaissances pour distinguer deux grandes catégories de scénario.

Le scénario dit « romance »

Il ouvre généralement sur une femme à la situation confortable ayant pour trait de caractère dominant une envie de réussir exacerbée et un profond dégoût pour les fêtes de fin d’année.

C’est à ce moment qu’un homme entre en scène. Le plus généralement, c’est un inconnu, mais il peut également être un prince d’une principauté imaginaire. Qu’ils s’apprécient ou se détestent, ils finissent par se charmer l’un et l’autre au cours d’une enfilade de scènes mièvres à base de patinoire, de bataille de boules de neige et de quelques confidences autour d’une crème glacée dégustée sur un banc à la belle étoile.

Un élément perturbateur viendra temporairement briser la magie et la confiance de l’un en l’autre, vite retrouvée pour l’incontournable happy end « rires, embrassades, promesse de mariage et dîner de Noël autour d’une table » .

Le scénario dit « intrigue »

Nick (oui, Noël jusque dans le prénom du personnage principal) l’ignore, mais il est le (fils du) Père Noël.

Sa vie va basculer lorsqu’il se rend compte qu’il doit sauver Noël, sans quoi il déchaînera l’apocalypse sur Terre. Problème : Père Noël, ça ne s’improvise pas, et Nick ne connaît rien au métier. En plus, il doit le cacher à la femme qu’il convoite sous peine de passer pour un dérangé.

Nick va être confronté à des obstacles absurdement drôles, mais il sera par chance aidé par un chef lutin joué par un acteur bien trop vieux pour endosser ce rôle, un brin farceur, qui l’aidera à endosser le costume du Père Noël.

Nick enfilera finalement le célèbre costume rouge, avouant par la même la vérité à sa belle qui trouvera ça super cool. Noël est sauvé, concluant par un plan de fin montrant le traîneau virevoltant dans le ciel et laissant entendre le célèbre « ho ho ho » .

Pour leur réalisation au rabais

Les téléfilms de Noël me rappellent un peu moi : celle qui fait des biscuits ronds mais pas tout à fait, celle qui ne sait pas emballer correctement un cadeau (en fait, maintenant, je sais, mais ça ne m’empêche pas d’en foirer un sur trois quand même), celle qui se dit qu’elle va cuisiner un vrai truc pour le 24 décembre et qui finit irrémédiablement par pimper un truc surgelé.

Tout ou presque, dans ces films, semble avoir été fait avec trois cailloux et deux bâtons. Les couleurs des différentes caméras ne sont pas harmonisées, les plans sont branlants et semblent avoir été réalisés par un cameraman de 7 ans, les acteurs jouent chaque scène en ayant l’air de se dire intérieurement « allez, c’est pour le loyer ».

En fait, ces téléfilms, c’est un peu le reflet de mes fêtes de Noël : pas parfaites, très homemade, mais avec beaucoup de coeur.

Journaliste déchue, rêveuse en plein spleen, dangereuse vegan et slowrunner de talent.

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