BILLET ❄ | Mes 5 films pour attendre Noël

Au mois de Décembre, Noël dépose bien avant sa célébration sa généreuse couche de vent glacial, de guirlandes multicolores, d’odeur de sapin et d’envie irrépressible de se lover dans un plaid au fond de son canapé devant un programme totalement régressif. C’est un appel aux chocolats chauds épicés et à la recherche d’une sensation ancienne : la douce impression d’être un gamin qui croit encore au Père Noël – ou du moins, fait semblant pour s’assurer de trouver ses cadeaux au pied du sapin.

Aussi, quelle meilleure période que Noël pour replonger dans des films de Noël, ou plus précisément, des films qui nous rappellent nos Noëls passés ? (réponse : aucune). Ces  films ne parlent pas vraiment de Noël, ne sont pas de « grands » films, mais ils ont le pouvoir magique de réveiller les souvenirs et les sensations d’un temps plus innocent où les fêtes de fin d’année revêtaient encore un aspect symbolique significatif.

EDWARD AUX MAINS D’ARGENT, de Tim Burton

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Il m’est impossible de parler des films ayant bercé mon enfance – et ma vie adulte – sans évoquer celui-ci qui, malgré les années, se classe toujours parmi mes films préférés, tous confondus. Le coup de foudre est survenu un soir d’Hiver, sur M6, aux environs de la fin des années 90. Après avoir vu la bande-annonce à la télévision, j’ai demandé à ma mère avec les yeux les plus suppliants possibles l’autorisation de regarder le film quand bien même il était diffusé un soir en semaine, la veille d’un jour d’école. L’autorisation accordée, c’est le cœur gonflé de joie que je me suis installée sous ma couette – j’ai eu une bonne éducation ET une télé dans ma chambre – impatiente de découvrir ce qui allait être la plus bouleversante expérience cinématographique de ma courte vie. J’avais lâché une petite larme à la mort de Mufasa, comme tout le monde, mais là, c’est un torrent d’émotions et de larmes que j’ai abandonné sur ma taie d’oreiller, encore une demi-heure après la fin du générique. A une époque où je n’étais même pas encore amoureuse de Johnny Depp – que je renie aujourd’hui -, Edward aux mains d’argent est devenu mon premier film préféré. Quelques années plus tard, je me suis passionnée pour Tim Burton. Pas de mystère.

Pour ceux qui ne connaissent pas le film – tsss -, sorti en 1990, Edward aux mains d’argent est un conte gothique narré par une vieille dame à sa petite fille pour lui expliquer l’origine de la neige. Ce conte met en scène Edward, une sorte de créature de Frankenstein inachevée portant des ciseaux à la place des mains. Retrouvé abandonné par une charmante habitante de la banlieue voisine, il est introduit dans le monde cruel de la société humaine dont il ignore tout. En raison de sa différence et de son ignorance, il fait l’expérience de la méchanceté, mais aussi, de l’amour. Servi par un Tim Burton au sommet de son talent, un Danny Elfman en très très grande forme et la fraîcheur des tout jeunes Winona Ryder et Johnny Depp, le film est une petite pépite à consommer à n’importe quel moment de l’année, mais à Noël, sa saveur est toute particulière.

HOOK OU LA REVANCHE DU CAPITAINE CROCHET, de Steven Spielberg

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Mon enfance et ses Noëls ont été indéniablement marqués par les films de Steven Spielberg – moi, aimer Spielberg ? – et les comédies grotesques débordantes de valeurs familiales avec Robin Williams en vedette. Autant dire que quand j’ai découvert Hook, ce fut le jackpot ! Enregistré sur K7, vu et revu avec toute l’obsession et la monomanie dont est capable un enfant, ce film occupe une place de choix dans mes classiques de Noël, et aujourd’hui encore, je ne me lasse pas de le revoir – mais je laisse tout de même passer au moins une année entre deux visionnages désormais.

Hook reprend l’oeuvre de J.M. Barrie, Peter Pan, auquel il offre une suite mouvementée. Peter a quitté le Pays Imaginaire pour devenir Peter Banning, l’adulte rationnel qu’il avait juré de ne jamais devenir. Il n’a ainsi plus aucun souvenir de sa vie passée, a fondé une bonne famille américaine en se mariant à Moira, la petite fille de Wendy, et en élevant deux enfants à qui il ne consacre que peu de temps. La nuit où le capitaine Crochet fait enlever ses enfants, Peter est bien contraint de se rendre de nouveau au Pays Imaginaire et de réapprendre tout ce qu’il a oublié pour vaincre son ennemi juré.

Avec un tel scénario, est-il nécessaire d’expliquer pourquoi ce film est aussi jouissif pour les (grands) enfants ? Steven Spielberg réunit devant sa caméra un Robin Williams toujours aussi sympathique mais aussi une mini Julia Roberts dans le rôle de Clochette, et surtout, un Dustin Hoffman cabotin à souhait dans le rôle de Crochet, sur un immense terrain de jeu qu’est le Pays Imaginaire. Pirates, enfants sauvages et fées volent, font des sauts périlleux, se battent à l’épée et évoluent joyeusement dans des décors aux airs de parc d’attraction. C’est empreint au passage de valeurs morales telles que l’importance de l’amour familial, notamment, l’amour paternel, mais aussi, la nécessité de conserver une part d’innocence et d’enfance afin de ne pas devenir une grande personne austère passant à côté de la poésie et la beauté de la vie. Avec quelques biscuits un Dimanche après-midi, je vous assure, ça passe tout seul !

MAMAN, J’AI RATE L’AVION, de Chris Columbus

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Une sélection de films de Noël sans un film à avalanche de gags serait une grossière erreur. Le choix n’est pas aisé car il en existe des tonnes, de plus ou moins médiocre qualité, mais celui auquel on pense souvent en premier, c’est bien le culte Maman, j’ai raté l’avion, qui a connu deux suites, Maman, j’ai encore raté l’avion et, Maman, je m’occupe des méchants. Oui, on a affaire à une trilogie, c’est dire le succès et l’évidence de penser à ce film à l’approche des fêtes.

Le film retrace les péripéties de Kévin, 8 ans, oublié par sa famille indigne partie en voyage à Paris. Seul – et bien heureux de l’être – chez lui, il s’accommode parfaitement de sa grande maison vide. Le soir du réveillon de Noël, sa tranquillité est perturbée par l’arrivée d’un duo de cambrioleurs, les casseurs flotteurs – non pas ceux-là -, bien décidés à voler les biens de la maison. Chétif mais malin, Kévin tend une série de pièges aux deux hommes.

Il n’y a pas tellement à dire ou à redire sur ce film. C’est une comédie, simple, naïve et efficace pour qui apprécie le bon gros gag farcesque de temps en temps. L’action se déroule à la période des fêtes de fin d’année donc raison de plus pour les chaînes de la TNT de le diffuser très prochainement et pour vous, de le (re)voir et oublier un peu que vous n’avez toujours pas commencé à acheter vos cadeaux.

Un ou plusieurs films de la saga HARRY POTTER

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A cette époque de l’année, mon appétit de nostalgie est fort et il n’y a pas symbole plus culte de ma tendre enfance et adolescence que la saga Harry Potter de J.K. Rowling. Les deux premiers tomes de la série sont d’ailleurs entrés dans ma vie un 25 Décembre 1999, habilement cachés dans du papier cadeau sous le sapin. De là s’en sont suivies plusieurs années d’engouement pour cet univers et ses personnages. Les adaptations cinématographiques, malgré leurs défauts, ont fait mon bonheur de fan-girl, heureuse de voir le monde des sorciers prendre vie – mais éternellement frustrée que Rogue, pourtant campé par un parfait Alan Rickman pour le rôle, n’aie jamais l’air plus impressionnant que ça.

Nul besoin de rappeler l’histoire d’Harry Potter aujourd’hui. Si j’aime tant me replonger dans ces films à la période des fêtes, c’est bien évidemment pour la puissante madeleine de Proust chaude qu’ils représentent, mais aussi, car ils ont tout ce qu’on attend d’un divertissement familial : actions et effets spéciaux, magie, humour potache, héros adolescents et illustrations des valeurs de l’amour, de l’amitié et de la bravoure. Les quêtes en terrain fantastique ont le don de toujours réussir à m’entraîner et bien évidemment, Harry Potter ne fait pas exception.

L’HISTOIRE SANS FIN, de Wolfgang Petersen

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Ne l’ayant vu et revu étant enfant qu’à la télévision en période de fêtes, le dernier film de ma sélection est, pour moi, par essence, un véritable film de Noël. Mon visionnage a souvent été émietté, tombant au hasard d’une séance de zapping sur le film qui avait commencé à raconter son histoire sans moi. A force de hasard et d’un peu d’organisation, j’ai finalement vu le film dans son intégralité – et toutes ses pauses publicités elles-aussi. Mon obstination à connaître toutes les dimensions et péripéties de cette longue histoire – sans fin – tient à la fascination qu’ont longtemps exercés sur moi ses marionnettes, ses animatroniques, ses décors en papier-pâte, sa musique et ses écrans verts audacieux. Le film a vieilli et l’âge ne le flatte pas, pour autant, je suis toujours doucement hypnotisée et sous le charme en le redécouvrant chaque année aux fêtes.

L’Histoire sans fin est l’adaptation d’un roman de Michael Ende, qui depuis sa publication en 1979 est devenu un classique de la littérature allemande. Et pour cause, il relate avec finesse et brio l’incroyable expérience de lecture de Bastien, dix ans, avec l’intriguant roman qu’il n’a pu s’empêcher de voler dans une librairie. Trop impatient pour commencer sa lecture, il se réfugie sur de vieux matelas poussiéreux dans une remise de son école et se plonge dans son livre. Ce dernier relate les aventures de Atreju, jeune garçon courageux, qui se lance à la recherche d’un remède pour soigner la petite Impératrice qui dirige leur monde, le Pays Fantastique. Dans le même temps, leur univers est menacé par un Mal qui le ronge et menace de le faire disparaître totalement : le Néant. Au fil de sa lecture, Bastien, de plus en plus absorbé, se rend compte que son livre n’est pas ordinaire.

Entre le conte et l’aventure initiatique, L’Histoire sans fin fait partie de ces œuvres qui aident à grandir. C’est aussi un bel hommage à la lecture et à ses pouvoirs : elle illustre la capacité d’un livre à absorber, impliquer et transformer à jamais son lecteur. L’adaptation cinématographique est fidèle autant que possible et est elle aussi restée une oeuvre culte. Elle sent un peu la poussière mais elle fait toujours voyager avec le même confort vers ses contrées fantastiques et les souvenirs d’enfance qu’elle réveille.


Et vous, quels sont vos films chouchous à regarder en cette période ?

Joyeuse attente.

Littéraire pas ratée, aquarelliste débutante et consommatrice boulimique de films d’horreur.

6 Commentaires

  1. C’est sûrement un classique mais bon, personnellement mon petit film de noël c’est The Nightmare Before Christmas ^^

    1. Haha tu m’as devancée ! Je compte en parler dans un article consacré aux films d’animation 😉 Excellent choix !

  2. Un des films qui m’a fait rêvé en étant enfant (mais qui a un peu mal vieilli je le reconnais), c’est The Last Starfighter, un film de 1984.
    Il raconte l’histoire d’Alex Rogan, un jeune homme qui vit dans une caravane avec sa mère et son jeune frère. Pour seule distraction il a une borne d’arcade du jeu Starfighter, dans lequel il doit piloter le Gunstar, un vaisseau spatial avec lequel il devra éliminer l’armada « Ko-Dan ».
    Un jour, alors qu’il bat le record du jeu, un extra-terrestre débarque et l’enlève pour qu’il aille piloter un véritable Gunstar…
    Ce qui m’avait impressionné à l’époque, c’est que les scènes de combat spatial étaient entièrement en CGI, c’était la première fois que je voyais ça. Aujourd’hui les images du film sont désuètes, mais à l’époque ça faisait son effet.

    1. Oh mais oui ça me dit quelque chose ! Ca a l’air de sentir bon les années 80 à plein nez. Voilà une bonne idée de film à regarder cette fin d’année 🙂

  3. L’Histoire sans Fin….oh mon dieu, c’est le film qui a déterminé une partie de ce que je suis devenu, entre fantaisie et réalité. Je l’ai vu a l’âge de 7 ans au cinéma. Vous imaginez comment j’ai voulu être Bastien. A la suite de ce film, j’ai commencé a lire des tonnes de romans et de « livre dont vous êtes le héros  » afin de m’évader hors du monde du réel. Pourquoi vivre une seule vie quand on peut en vivre plusieurs.
    (bon un an après un autre film a déterminé une autre partie de mes gouts : Amityville…mais ça c’est une autre histoire !)

    1. Fuite de la réalité dans la fiction et goût prononcé pour les films d’horreur. Je crois qu’on se comprend 😉

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