BILLET | Ode aux films d’horreur

Je pense avoir été claire : je voue une affection déraisonnable pour les films d’horreur.

Mon amour pour le genre est né, comme pour tout le monde, à l’adolescence puisque, comme tout le monde, je crois, j’étais curieuse, je souhaitais expérimenter de nouvelles choses et je voulais connaître mes limites, du moins, cinématographiques. C’est à l’occasion d’une première véritable soirée d’Halloween entre grandes filles – à l’âge de 13 ans donc – que j’ai visualisé mes premiers films d’épouvante.

Tout était réuni pour passer un parfait Halloween : un dress code irrésistiblement gothique, une quête aux bonbons à la tombée de la nuit à travers tout le voisinage, y compris la grande maison isolé derrière les arbres, un CD de Marilyn Manson dans la chaîne Hifi, un cocktail sans alcool trop sucré, le fruit de notre quête, et plus, soit un bon kilo de bonbons par personne, et bien sûr, trois DVD’s loués à la borne la plus proche. Notre naïf dévolu avait été alors jeté sur Jeepers Creepers 2, Amytiville et Le Silence des Agneaux. Certes, ce dernier n’est pas un film d’horreur à proprement parler mais il reste bien plus inquiétant et bien meilleur que Jeepers Creepers, donc ça compte. Je n’avais alors jamais vraiment regardé de bout en bout un film d’horreur et j’appréhendais quelque peu de ne pas supporter. Je conservais déjà trois traumatismes de l’enfance : Les Gremlins, Alien – sans avoir vu le film, seulement l’alien -, et le réveil de Nicolas Cage sans visage dans Volte Face. Je me considérais alors plutôt du côté des froussards que des braves et je n’étais vraiment pas sûre de réussir à passer cette soirée dignement après trois films censés me glacer le sang. Puis, ça a été la révélation : je me suis amusée devant ces films. J’ai compris qu’il n’était pas seulement question de peur mais aussi d’aventures, d’enquêtes, de mystères, d’imagination, d’esthétique, de fantastique et de beaucoup de divertissement et de ridicule. Je découvre donc ce soir-là que les films d’horreur ne me font pas peur et c’est certainement la meilleure nouvelle de l’année de mes 13 ans.

Bien ravie par cette expérience, je commence peu de temps après à regarder des films d’horreur toute seule dans ma chambre. C’est à cette époque que je fais des découvertes et des expériences cinématographiques horrifiques, j’ingère les codes du genre et fais la rencontre des grandes figures de ce cinéma. Je garde un souvenir particulièrement ému de ma première visualisation de L’Exorciste, dans le noir à une heure tardive. Aujourd’hui encore, le film reste un des rares qui parvient à me faire craindre de traverser mon appartement dans le noir juste après l’avoir vu. Quelques années plus tard, j’obtiens enfin le droit de voir des films interdits aux moins de 16 ans au cinéma, et j’achète aussitôt un ticket pour voir le film d’Alexandre Aja, La Colline a des yeux. Une fois encore, je suis à la fois fière de moi car la personne qui a quitté la salle à la moitié de la séance, ce n’est pas moi, et à la fois franchement satisfaite car j’ai adoré voir ce genre de film sur grand écran.

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Suite à ces premières fois sans heurt, les films d’horreur n’ont jamais quitté ma vie et, aujourd’hui, je veux leur dire : Films d’horreur, je vous aime ! Parce que :

1 – Vous égayez mes Samedi soirs quand aucun autre bon film n’est disponible. Vous êtes toujours la dernière option, fidèle au poste, qui m’ offre parfois de meilleures soirée qu’un film chaudement recommandé par la critique. Et pour être parfaitement honnête, certains week-ends je vous préfère et vous choisis alors que je pourrais regarder un excellent film que mes amis me conseillent depuis des mois.

2 – Vous m’ouvrez une porte sur un monde sombre et fantastique qui me fascine. Vous me mettez face aux fruits d’imaginations fertiles et torturées et vous provoquer en moi un petit je-ne-sais-quoi si plaisant, que je ne ressens jamais nulle part ailleurs. Vous remplissez ma tête d’images, d’esthétiques et d’ambiances qui me bercent pour longtemps.

3 – Vous reprenez le même astucieux principe qu’une chaîne de fast-food : les recettes sont toujours les mêmes et il arrive certains jours qu’elle paraissent meilleures que d’autres. Vous êtes donc (quasi) toujours les mêmes, aussi, je sais à quoi m’attendre quand je lance un film d’épouvante, je sais ce que je vais avoir dans l’écran et je ne suis que très rarement déçue.

4 – Vous me faites rire. Très souvent, vous êtes moyens quand vous n’êtes pas médiocres, et vos clichés, vos mauvais dialogues ou vos effets spéciaux ratés ont des vertus thérapeutiques sur moi.

5 – Vous savez animer une salle de cinéma comme aucun autre film. Dans toutes les autres salles, le public est attentif, tâche de s’ennuyer en silence, rit de bon cœur et, au pire, force un peu sur le coup de pied dans le dossier du fauteuil voisin. Mais quand on diffuse un film d’horreur, les langues se délient, les gens n’ont pas peur de hurler (à outrance) et on fait souvent la rencontre de la voix d’un petit génie du commentaire qui tombe à pic pendant les moments les plus critiques de l’action. Vous savez mettre l’ambiance !

– Vous êtes toujours mon excuse favorite pour me gaver de sucre devant la télévision : pop-corn, M’n’M’s et autres bonbons sont bannis de mes placards mais je fais toujours une entorse pour vous, le sucre exacerbant le plaisir du divertissement. Désolée si vous avez la sensation que je vous utilise un peu pour justifier mes caprices glycémiques.

7 – Vous arrivez encore à me surprendre après toutes ces années, plus souvent dans le négatif que le positif mais vous me surprenez toujours. Peu de gens peuvent prétendre réaliser cet exploit. Félicitations donc.

8 – Vous m’avez offert de grands moments de mon adolescence et de ma vie d’adulte. Vous avez animé tant de mes soirées entre amis et de couple. Vous êtes présents dans tant de bons souvenirs. Vous êtes vraiment comme des copains.

Voilà, big up à vous les films d’horreur.

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