AVIS | Crypt of the necrodancer

Alors qu’en ce 23 Avril 2015 sort enfin sur Steam la version finale de Crypt of the NecroDancer –bijou indépendant né de l’esprit psychédélique de Ryan Clark (Brace Yourself Games)– j’ai tenu à vous livrer toutes les raisons d’échanger votre vie sociale contre l’acquisition de cette pépite vidéoludique. Ne me remerciez pas : c’est moi qui offre.

Sorti en accès anticipé en Juillet 2014, je suis littéralement tombée en amour pour cet hybride roguelike/jeu de rythme dont je n’ai cessé de vous parler régulièrement dans les émissions PiXXL. Je vous le concède : exposé comme ça, le mélange des genres sonne comme un déroutant excès de zèle et de témérité. Et pourtant ! Que du contraire : il trouve sa justesse dans la simplicité de sa conception et devient le chef de file d’un genre de niche qui pourrait bien vous séduire avant que vous y preniez garde.

MADE IN 8BITS

Du pixel art classique mis en forme par Ted Martens, voici à quoi vous attendre dans Crypt of the NecroDancer. Ne nous le cachons pas : la réelle surprise ne se trouve pas dans ces graphismes qui -par leur absence de style propre- donneraient presque une impression de déjà vu. S’ils laissent suggérer une réalisation qui pourrait paraître simpliste de prime abord il n’en est rien puisque le design 8bits ne nuit pas à l’immersion et confère au jeu un style rétro. Concédons par ailleurs que pour un jeu créé de A à Z par les seules petites mains de Ryan Clark, la prestation est à saluer. En plus, sur un CV, c’est quand même plutôt classe.

Savant mélange de couleurs acidulées et d’une touche sordide dans le pur esprit burtonnien, le level design autant que le bestiaire est riche et vous plonge dans quatre zones aux essences propres. Tantôt baladé dans un donjon souterrain barriolé, tantôt dans une forêt menaçante, la redondance est plutôt inexistance sinon impulsée par le côté die&retry.

© Brace Yourself Games
© Brace Yourself Games

LA CRYPTE DU NECRODANCER

Cadence décide de partir à la recherche de son père pris au piège dans la crypte du Necrodancer. Alors qu’elle fait une chute censément mortelle en tentant de trouver l’entrée de la crypte, le Necrodancer lui jette une malédiction qui fait battre son coeur au rythme de la musique.

Le scénario tient sur un post-it, certes, mais c’est là une des caractéristiques intrinsèques au genre roguelike. Simple et efficace, il nous pose les grandes lignes d’une histoire qui sert de support à un gameplay mis au centre du jeu.

Dans le lobby, en plus de ce mode histoire vous trouverez un challenge quotidien, un mode hardcore et un éditeur de niveau en plus de salles d’achats et d’entraînements que vous aurez la possibilité de débloquer en jeu.

LET’S DANCE

Le gameplay, justement, voilà ce qui constitue toute l’essence et l’attrait du jeu.
Roguelike musical pour joueur chevronné, tout se fait au rythme de la musique : déplacements, attaques, achats d’objets, dans des donjons générés aléatoirement et classés selon des zones à difficulté croissante et au bestiaire étayé.

Les quatre flèches de votre clavier constituent les seules touches de jeu pour se déplacer en haut, en bas, à gauche et à droite ainsi que pour attaquer puisque l’attaque se fait en rythme et automatiquement au tour par tour à condition que l’ennemi ne saute pas sur la même case que vous en même temps que vous, auquel cas c’est lui qui vous touchera.

Si le gameplay est résolument simple, la difficulté se touve dans l’apprentissage des mouvements de chaque créature du bestiaire au rythme de thèmes qui s’accélèrent de niveau en niveau et concluent chaque zone par l’affrontement d’un boss, le tout généré aléatoirement.

Equipé d’une arme propre à chaque personnage en début de partie, le jeu intègre une large palette d’armes, d’armures et d’objets qu’il vous faudra savoir appréhender et que vous pourrez trouver dans des coffre ou chez le commerçant après les avoir acquis au lobby en échange de diamants.

Vous avez également la possibilité de jouer avec plusieurs personnages qui confèrent une difficulté différente : le barde vous permettra de faire fi du rythme alors qu’en choisissant Aria la moindre erreur vous sera fatale.

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© Brace Yourself Games

DANNY BARANOWSKY NOUS REGALE

Je serais sans doute passée à côté de titre si je n’en avais pas connu l’existence par le biais de Danny Baranowsky, le compositeur des musiques du jeu. Nom émergeant de la composition d’OST de jeux vidéo il détient pourtant les crédits de bandes son aussi remarquables que remarquées : the Binding of Isaac, Super Meat Boy ou encore une revisite du plus âgé Aether.

Baranowsky signe ici une OST captivante et écclectique dans un style rock électronique saturé qui fait déjà sa renommée. Dance, triphop, reggae dancehall, dubstep, il joue avec les genres pour nous offrir des ambiances uniques dont le rendu s’avère résolument catchy et acidulé. Mention spéciale pour les envolées lyriques du commerçant qui confère une note d’humour et une seconde lecture à chaque morceau.

Une fois encore, Baranowsky sublime cet élément central du jeu et nous donne cette petite saveur de « reviens-y » jusqu’à fredonner les différentes pistes -pourquoi pas même acquérir l’album.

Pour ceux qui préféreraient jouer avec des morceaux de leur choix : le jeu offre même la possibilité d’intégrer vos propres pistes pour une expérience de jeu personnalisée.

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EN CLAIR

Ce bijou du jeu vidéo indépendant sort aujourd’hui au prix de 14,99€ sur Steam pour PC, Mac et Linux. Je ne saurais que trop vous encourager à mettre le pied à l’étrier car il pourrait bien vous faire mettre de côté vos a priori sur le genre roguelike autant que sur le jeu de rythme. Point important : il est pour l’heure exclusivement en anglais et bien que cela ne nuise aucunement à l’expérience de jeu, les moins anglophones préféreront le savoir avant d’en faire l’acquisition [EDIT : depuis le jeu est disponible en VOSTFR].

Qu’on se le dise : Crypt of the necroDancer a tout pour plaire aux joueurs attirés par les genres originaux autant que par l’exigence d’un gameplay pourtant simple. Il ne paye pas de mine mais risquerait bien de vous procurer une expérience vidéoludique presque unique !

CE QUE J’AI APPRÉCIÉ

CE QUE J’AI REGRETTÉ 

  • L’originalité de l’hybridation des genres
  • Les musiques de Danny Baranowsky
  • La rejouabilité infinie
  • La difficulté croissante
  • Le caractère RPG de l’évolution du stuff
  • Le level design 8bits simpliste
  • Le peu de zones

3 Commentaires

  1. Félicitations pour cet article bien documenté et avec lequel je suis plutôt d’accord.
    Le seul point de divergence (mais quel point) se situe au niveau du mix entre Rogue-Like et jeu de rythme.
    Je trouve que le mélange des genres n’apporte aucun plus au niveau du gameplay si ce n’est de la frustration d’avoir loupé un mouvement suite à un mauvais timing.

    Finalement j’ai été content d’obtenir le barde qui nous libère de ce gameplay très (trop) contraignant mais quel intérêt à ce jeu si on n’y prend du plaisir qu’en lui enlevant son essence.

    Après ceci n’est qu’un ressenti comme un autre, mais je pense qu’il est intéressant d’en faire part, car comme moi, vous pourriez être déçu.

    1. Merci beaucoup ! Dommage que tu n’aies pas accroché au côté rythme. C’est vrai que c’est un genre particulier qui ne plaira pas à tout le monde et je suppose qu’il faut s’y essayer pour pouvoir savoir si on va accrocher au gameplay ou pas. mais je contente que tu puisses l’apprécier autrement grâce au Barde, c’est vrai que ce personnage apporte une toute autre manière d’apprécier le jeu et surtout un bon apprentissage du gameplay.

  2. Bien que je ne jouerai pas au jeu (c’est juste pas pour moi), je trouve que c’est un très bon jeu. Et tu as mis mon OST favori sur ton article; en plus de celui avec le marchand qui chante ^^

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