FILMS | Halloween pour les (grands) enfants aussi

Halloween, comme toute fête, fait la part belle aux enfants. Même s’ils ne participent pas aux préparatifs, c’est bien à eux que profite le marketing des fêtes culturelles et religieuses et, non mécontents, ils célèbrent le temps d’une soirée, dans l’insouciance et les friandises, le résultat magique des efforts de leurs parents, et de quelques achats à la Foir’Fouille, pour rendre le quotidien moins triste.

Halloween, c’est le soir de l’année où exceptionnellement les enfants sont autorisés à frapper aux portes pour réclamer des bonbons. C’est le soir de l’année où ils peuvent sortir déguisés, rentrer regarder des films en mangeant le fruit de leur quête et se coucher tard. Bref, c’est une soirée proche de la perfection quand on avoisine l’âge de 10 ans. Et les enfants auraient bien tort de se priver du plaisir de la gratuité et de la macabre jovialité de cette soirée.

Bien évidemment, il n’est pas question de profiter d’Halloween pour leur faire découvrir la série des Evil Dead, en revanche, il est tout à fait possible de leur faire passer une bonne soirée en leur proposant des films inspirés des grandes figures du genre fantastique et de l’épouvante, capables de vous charmer vous aussi, adultes qui êtes encore sensibles à l’animation et aux paquets de bonbons. Pour ce faire, quoi de mieux qu’un petit bond sur Netflix ?

WALLACE ET GROMIT, LE MYSTÈRE DU LAPIN-GAROU

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Ma visite en 2015 de la sublime exposition au musée de l’ Art Ludique de Paris a réveillé en moi une passion mi-nostalgique, mi-admirative pour les courts et longs métrages des studios Aardman. Ce nom ne vous dit peut-être rien et pourtant, impossible que vous soyez passés à côté toute votre vie de ces classiques en pâte à modeler. On doit notamment aux studios les aventures de Wallace et Gromit, Chicken Run ou encore la série et le film Shaun le mouton. Si Rasé de près fait parti des traumatismes inoffensifs de mon enfance, les films d’animation de ces studios restent des souvenirs très Madeleine de Proust pour moi aujourd’hui.

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Héros de plusieurs courts-métrages, Wallace, inventeur original mais peu malin, et Gromit, son sage chien muet, se sont fait une petite réputation et, raflant deux Oscars au passage, sont devenus deux figures iconiques du film d’animation en stop-motion (image par image). Aussi, les studios lancent la réalisation d’un premier et unique long-métrage mettant en scène le fameux duo. Réalisé par Nick Park et Steve Box au Studio Aardman Animations, le film sort en 2005 sous le titre : Le Mystère du Lapin-Garou, porte les noms d’Helena Bonham Carter et Ralph Fiennes en haut son affiche, et remporte un 3ème Oscar du meilleur film d’animation.

Wallace et Gromit : Le Mystère du Lapin-Garou met en scène, sans surprise, Wallace et Gromit, tout occupés par leur nouvelle activité de protection des potagers du voisinage contre d’adorables lapins qui ont envahi la région. La ville a tout particulièrement besoin d’eux car elle se prépare pour son grand concours annuel, celui du plus gros légume ! Grâce à une invention révolutionnaire, à savoir, un aspirateur à lapins, ils capturent les petits animaux sans les blesser et les maintiennent en captivité le temps du concours. Les affaires sont florissantes et tout le monde est content, jusqu’au jour où un lapin-garou vient terroriser la ville et ses légumes géants.

Ce seul synopsis donne le ton mais les amateurs de Wallace et Gromit le savent déjà : l’absurde est de mise. Le film se place dans la digne lignée des courts-métrages et nous ouvre à un monde simple où des intrigues abracadabrantes se déroulent de la façon la plus naturelle qui soit, mêlant comédie et action. C’est drôle, inventif, mignon, original et, cela ne s’adresse certainement pas qu’aux enfants. L’humour anglais, et souvent coquin, ravit le public adulte autant que les gags plus cartoonesques. Le film est également bourré de références parodiques à des classiques du cinéma fantastique : bien évidemment, aux films de loup-garou,  mais également, aux films de savant fou ou encore, King Kong. Ce mélange réussi entre le cartoon et le comédie anglaise est sublimé par une animation à la main magnifique, qui contribue à conférer son ambiance étrange et originale au film.

Un petit chef d’oeuvre à voir ou revoir, seul ou en famille.

HOTEL TRANSYLVANIE

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Je me souviens à l’époque de sa sortie, avoir vu la bande-annonce du film et l’avoir immédiatement condamné d’un sévère : « Encore un énième film d’animation inintéressant pour remplir les salles pendant les vacances scolaires« . Et pourtant, quelques années plus tard, je suis seule chez moi dans mon studio, je veux manger devant mon écran cathodique (true story), et je ne trouve que ce film d’animation comme programme potentiellement apte à satisfaire mon envie de manger sans réfléchir tout en conservant une vague dignité intellectuelle. Ce soir-là, j’ai fini de manger et j’ai continué à regarder le film. Ce soir-là, je me suis rendue compte que je m’étais trompée.

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Distribué par Sony et réalisé par Genndy Tartakovsky, le film sort en 2013 et rencontre un public satisfait, entraînant un deuxième opus deux ans plus tard. Comme tout le laisse présager, le film réunit les plus grandes figures du cinéma et de la littérature fantastique telles que Dracula, le monstre de Frankenstein, le loup-garou, la momie maudite et autres monstres. Dans cet univers, les monstres sont aussi sympathiques que les autres, mais, méprisés des humains à cause des histoires et des légendes, ils se cachent et se réunissent entre eux pour vivre en toute quiétude. Le comte Dracula a ainsi créé l’Hôtel Transylvanie pour accueillir les monstres qui s’accordent des vacances ainsi que ses plus proches amis. Le film s’ouvre sur une ambiance particulièrement festive car la fille de Dracula célèbre son 118ème anniversaire, mais un jeune humain perdu et peu impressionnable s’invite à l’Hôtel.

S’il ne paye pas de mine et n’est pas le petit bijou qu’est un Wallace et Gromit, Hôtel Transylvanie se distingue par sa narration et son animation énergique et rythmée. franchement rafraîchissantes ! L’action avance vite, les gags pleuvent de manière régulière en évitant de tomber dans le piège de la lourdeur, le rythme ne faiblit pas et on ne s’ennuie donc à aucun moment. L’humour vacille entre gags cartoonesques, mignonneries et chouettes clins d’œil et traits d’humour pour les moins jeunes. Les personnages sont totalement détournés du rôle qu’on leur attribue traditionnellement, ainsi Dracula se fait papa gâteau et le monstre de Frankenstein, un oncle rigolo. J’ai une affection toute particulière pour le personnage du loup-garou dépassé par la paternité, doublé par un Steve Buscemi comme on aime. On se plait vraiment à passer un moment avec toute cette ménagerie.

Ce film d’animation ne se prend pas pour plus qu’il n’est, divertit juste comme il faut, et est bourré d’ondes positives qui, même un soir d’Halloween, sont toujours les bienvenues !

 

 

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