AVIS | J’ai matché avec firewatch

Firewatch c’est l’OVNI qui m’avait tapé dans l’oeil à l’E3 2015. Un jeu à scénario qui repose sur les choix du joueur ? Un personnage principal perdu dans un environnement hostile ? La présentation sans prétention et le trailer efficace ont irrémédiablement éveillé ma curiosité et ont suffi à me tenir en haleine jusqu’à la sortie du jeu le 9 février 2016.

Ce premier bébé de Campo Santo édité par Panic m’a offert l’expérience que j’attendais. Mieux : il m’a offert une expérience bien au delà de ce que j’en attendais, une véritable claque qui place d’ores et déjà mon année vidéoludique 2016 sous d’excellentes hospices.

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C’EST L’HISTOIRE DE LA VIE

Firewatch c’est avant tout l’histoire d’une vie, et passer à côté de ce point majeur reviendrait à passer à côté de l’expérience même du jeu. Vous incarnez Henry, un quarantenaire jovial et un peu bourru qui décide de devenir surveillant de feux de forêts pour la saison estivale dans le Wyoming après un drame personnel qui lui fait perdre pied. Voilà la première grosse surprise de ce Firewatch : si vous vous attendiez à de la gaieté à revendre, passez votre chemin.

Le début du jeu nous plonge dans le passé de ce personnage très loin des stéréotypes héroïques actuels mais auquel on finit par irrémédiablement s’attacher. La narration démarre de manière très pêchue puisqu’elle alterne activement des phases de gameplay au présent et des retours en arrière écrits sur une histoire personnelle bouleversante.

La rédemption, le questionnement, l’apaisement et la fuite, ces concepts sont traités avec intelligence à travers les interactions que vous choisirez d’avoir avec Delilah et les décisions que vous serez obligé de prendre. Cette saison à Yellowstone est une période de réflexion fondamentale pour la suite de votre aventure personnelle. C’est avant tout une expérience psychologique d’un Henry qui pourrait bien s’avérer être le reflet de votre propre personnalité.

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BIENVENUE DANS LE WYOMING

Nous voilà donc à arpenter le parc pour y découvrir une variété d’environnements plus ou moins chatoyants. Le visuel est très lissé, à la limite du dessin, le tout en cell shading. Les couleurs explosent et offrent un contraste très intéressant avec l’histoire qui nous est racontée. Les environnements se succèdent sur une carte d’une taille très acceptable et exaltent tout le danger et la magnificence de cette nature hostile et imprenable. Graphiquement le jeu se défend bien et l’on prend plaisir à parcourir ces décors sauvages même si la technique ne m’a pas faite grimper aux rideaux.

En revanche, l’optimisation sur PS4 est plutôt déplorable. Les freezes, les baisses de framerate et autres ralentissements nuisent complètement à la fluidité du jeu qui ne semble pourtant pas pousser les limites techniques de la console dans leurs retranchements. C’est dommage, d’autant plus qu’ils sont trop fréquents pour que cela ne finisse pas par nous taper un peu sur les nerfs à chaque action de gameplay un peu poussée.

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MIROIR, MON BEAU MIROIR

Le gameplay, justement, est d’une simplicité remarquable puisqu’il consistera à effectuer quelques actions basiques pour pouvoir progresser : du rappel, quelques sauts, un peu d’escalade et du ramassage d’objets. Vous vous déplacerez grâce à une carte et une boussole mis à votre disposition dès le début du jeu et là encore le maniement est aisé bien que l’affectation des touches sur la manette ne soit pas des plus intuitive.

La majorité de vos actions va résider dans les interactions que vous déciderez d’avoir –ou pas– avec Delilah qui supervisera vos déplacements depuis une autre tour. C’est en cela que Firewatch prend tout son intérêt : votre expérience dépendra en grande partie de la relation que vous déciderez de développer avec ce personnage. Lui ferez-vous confiance ? Vous méfierez-vous d’elle ? En ferez-vous une amie ? Préférerez-vous la draguer ouvertement ?

C’est là que réside une grande partie de l’essence du jeu. Quelle que soit votre opinion sur elle, Delilah est un élément majeur de votre réflexion sur l’histoire. Et en ce sens le travail de doublage de Henry et Delilah est absolument saisissant : humains, vivants, à la fois attachants et détestables, j’ai savouré cet exercice de doublage comme il nous en a rarement été donné d’en trouver ces dernières années. A noter que les voix sont en anglais mais des sous-titres français seront bientôt disponibles.

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DANS LA FORÊT

Les dialogues entre Henry et Delilah occupent une place majeure au niveau des sons du jeu, c’est sûrement pourquoi un sound design travaillé a été préféré à une redondance de thèmes se succédant au gré des différentes zones. Ici les sons de la nature sauvage renforcent le sentiment de solitude et d’immersion en servant les états par lesquels passera le joueur : quiétude, peur, doute…

Les musiques se déclenchant selon le déroulement du script et s’intègrent parfaitement à l’ambiance générale du jeu. Ce sont des musiques d’ambiance variées que l’on prend plaisir à entendre à mesure que nous progressons dans l’histoire.

Le son est très bien géré et aucun niveau de piste –dialogues, sons d’ambiance, musique– ne vient cannibaliser les autres. A ce niveau le jeu est exemplaire et l’ensemble de l’ambiance sonore est un délice.

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EN CLAIR

Firewatch est une expérience psychologique intelligente et très bien exécutée, courte mais intense malgré des graphismes simples et une optimisation console ratée. Le jeu m’a offert une expérience personnelle très forte, un concentré d’émotions différentes que j’ai littéralement vécues avec le personnage principal. L’histoire est touchante et fera irrémédiablement écho à des blessures qui sommeillent toujours en vous. Si la durée de vie réduite a pu déranger des joueurs, elle me semble pourtant servir de catalyseur à notre ressenti. Et si la fin pourrait vous paraître frustrante, elle reste plutôt logique, puisque la fin d’un état est fatalement le commencement d’un autre.

Firewatch m’a mis une claque inattendue et me laisse le souvenir doux-amer d’une très bonne expérience, ou à défaut, la hâte de pouvoir en vivre une nouvelle. Le jeu est disponible sur Steam et le Playstation Store à 19,99€.

Dans Firewatch, vous marcherez, beaucoup, mais la marche apaise. Vous parlerez, peut-être, mais la parole délivre.

CE QUE J’AI APPRÉCIÉ

CE QUE J’AI REGRETTÉ 

  • La réflexion sur la vie de Henry
  • Le personnage de Delilah
  • Le double scénario bien amené
  • La progression rapide et dynamique
  • L’ambiance
  • Les choix moraux
  • Les freezes, lags, baisses de framerate
  • L’optimisation à la ramasse
  • Le gameplay à la manette pas intuitif

2 Commentaires

  1. Très beau test, j’aime beaucoup 🙂
    En plus ça résume bien mon avis, même si par contre sur PC j’ai eu aucun freeze, mais ça doit être bien chiant surtout que le jeu est quand même pas gourmand :/
    J’ai adoré l’histoire et je regrette absolument pas mon achat, si je devais y trouver un point négatif je dirais que c’est la fin à laquelle je m’attendais et qui est un peu trop basique, du coup ça m’a juste un peu déçu.

    1. Merci beaucoup Asthannoln !

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