LIVRE | LA THÉORIE DE L’ICEBERG : Une belle dose d’Été et de confiance en soi pour la rentrée !

La rentrée est arrivée comme chaque année, hélas sans surprise, et use depuis déjà une semaine de son grand pouvoir à nous faire regretter l’été ! Aussi taquine soit-elle, il convient de ne pas se laisser abattre et de garder une part d’esprit éclairée par les derniers rayons du Soleil le plus longtemps possible. Pour cela, j’ai la solution : lire ! (Lire étant ma solution à presque tout).

Gallimard Jeunesse propose au mois de Septembre un petit roman plein de grains de sable pour contrer la morosité du retour à un quotidien à l’air plus frais : La Théorie de l’Iceberg, le premier romande Christopher Bouix.

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En 1993, Noé a 15 ans, vit dans une petite ville de la côte Atlantique et traîne une phobie de l’océan et un bégaiement handicapant depuis un accident de surf. L’ adolescent s’isole, peine à s’affirmer et à se découvrir de nouvelles passions, mais un concours de nouvelles et deux belles rencontres durant son été vont changer bien des choses.

La Théorie de l’Iceberg est un roman de la renaissance pour un adolescent plongé dans le silence et la solitude depuis trop longtemps et donc, la promesse d’une histoire feel-good à savourer sous un plaid ou sur la plage tant que le climat le permet encore !

LES BONNES RENCONTRES AU BON MOMENT

Un bonne reconstruction est plus rapide et aisée quand elle se fait entourée des bonnes relations. Malgré sa solitude, Noé va profiter de rencontres enrichissantes qui réjouiront en même temps, le lecteur.

Lorraine, adolescente blonde un peu plus âgée que Noé, va être la première à faire chavirer son quotidien – et sans doute un peu son cœur. Evidemment belle mais surtout pleine de vie et pétillante, Elle prend rapidement Noé sous son aile et partage avec lui ses rêveries et sa passion pour les haïkus, la photographie ou encore l’astronomie. Elle l’entraîne dans son univers, fait de mille centres d’intérêts et toujours ouvert à la nouveauté. Son immense curiosité et son aisance à tisser des liens avec les autres aidera Noé à s’ouvrir davantage lui-même à ce et ceux qui l’entourent. L’adolescente, ses passions et son énergie débordante, feront prendre conscience à Noé que lui aussi peut se passionner pour plusieurs activités et qu’une vie épanouissante, sans le surf, est bien possible.

Moins attirant et sympathique au premier regard, Monsieur Herreira compte également beaucoup dans la vie de Noé cet été 1993. Vieil écrivain misanthrope isolé et caché du monde, Noé fait sa rencontre en livrant des livres pour la bibliothèque de sa petite ville. Après de premiers échanges vifs, l’adolescent va finalement obtenir de l’écrivain que ce dernier l’assiste dans l’écriture de sa nouvelle pour le concours auquel il s’est inscrit. Le vieil homme et le jeune garçon vont ensemble partager l’amour pour les mots, les histoires et la littérature de science-fiction. Grâce à lui, Noé va développer ses talents d’écriture et concrétiser un projet d’écriture qui va occuper une grande place dans son esprit et son emploi du temps durant l’été.

D’autres personnages plus secondaires tels que le psychologue ou la professeure de Français de Noé seront également deux sources d’encouragement et de motivation pour l’adolescent. Tous ces personnages le poussent à sortir de sa stupeur et l’amènent à comprendre que seules sa volonté et ses actions pourront l’en sortir.

« Je voulais me rappeler que la vie, justement, ce n’est pas ça. Ce n’est pas un coucher de soleil permanent sur l’océan Pacifique. La vie, c’est plus que ça. C’est affronter le réel. C’est se lever. C’est agir. »

A travers ces interactions entre Noé et son nouvel entourage, le roman met en lumière l’importance des autres pour nous accompagner et nous guider sur notre chemin personnel et nous aider à faire grandir et embellir notre jardin secret. Si nos qualités et nos dons se trouvent quelque part en nous-mêmes, plusieurs coups de pouce permettront de les faire émerger. L’autre prend les traits de modèles à imiter et devient un véritable initiateur à des plaisirs encore inconnus de la vie. C’est une jolie leçon de vie, bonne à entendre et réentendre à tous les âges !

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L’ART COMME (NOUVEL) ART DE VIVRE

Si le roman fait la place belle au Soleil et à l’océan pour son décor, il place l’art en son cœur. Désormais incapable de retourner défier les vagues sur sa planche, Noé doit trouver un nouveau moyen d’évasion et d’expression et l’art apparaît comme la porte de sortie la plus séduisante. Evidemment, l’écriture devient sa nouvelle spécialité et son meilleur moyen d’expression. Apposer des mots sur le monde et les émotions l’aident à redécouvrir le monde sensible et à y trouver la beauté qu’il avait oublié. La photographie, l’écriture de haïkus et l’observation des étoiles avec Lorraine lui permettront également de poser un regard nouveau et plus profond, sensible, sur son petit univers.

Le roman prend la forme d’un juste hommage à l’art, la créativité, l’imagination et tous leurs pouvoirs. Le roman affirme donc bien que nous avons besoin des autres, mais lorsque nous sommes seuls, physiquement ou mentalement, il est également possible de s’émerveiller et se réinventer en créant et en interprétant son monde.

« Ecrire, c’est comme repasser une chemise. Il faut refaire le même geste, encore et encore, jusqu’à ce que tous les plis aient disparu. Longtemps, j’ai cru qu’il fallait du courage. Mais en fait, non. Il faut de l’entêtement. »


La Théorie de l’Iceberg permet de garder les pieds dans l’eau tout en se lançant, aux côtés de Noé, à la conquête de soi et à la découverte de l’amour – de l’autre, de soi-même, de la vie. C’est avec simplicité et intelligence que cette jolie histoire vante les pouvoirs des arts et la magie des rencontres. Ce court roman renferme beaucoup d’émotions, de valeurs positives et de rayons de Soleil tardifs qu’il ne faut pas se priver de savourer avant que l’Automne n’arrive.

La Théorie de l’Iceberg apparaîtra dans les rayons de votre librairie préférée le 20 Septembre 2018.

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Littéraire pas ratée, aquarelliste débutante et consommatrice boulimique de films d’horreur.

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