MANGA | Les Mémoires de Vanitas (tomes 2 & 3) : Les vampires passent à l’action !

Cet été, je découvrais – et vous invitais à découvrir – la nouvelle série de Jun Mochizuki éditée en France chez Ki oon : Les Mémoires de Vanitas. Ce premier tome possédait des qualités évidentes et séduisantes, malgré tout, je conservais au fond de moi une réserve liée au fait qu’il s’agissait d’un premier tome et que tout – ou rien – pouvait encore arriver. J’attendais de Noé et Vanitas qu’ils fassent leurs preuves, me fassent visiter davantage leur(s) monde(s) et me mettent sur la piste d’une intrigue plus complexe. Je n’ai pas eu à leur forcer la main bien longtemps : les premières pages du tome 2 ouvertes et j’étais à nouveau sous le charme vampirique de cette série. Le tome 3 fermé, j’étais convaincue.

UN UNIVERS A MULTIPLES FACETTES

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Les tomes 2 et 3 ne sont porteurs d’aucune once de déception car ils ont l’intelligence de réaliser exactement ce que l’on attend d’eux : ils déploient un univers plus riche et plus vaste, celui à travers lequel nous souhaitions continuer d’accompagner Noé et Vanitas dans leurs virées. Paris n’a pas perdu de son chic et exhibe ses charmes dans un style gothique et steampunk toujours aussi fin et léché. La ville dévoile notamment ses mystérieuses catacombes, lieu de rencontre et d’enquête idéal pour nos héros. On découvre aussi dès le second tome la face cachée, toute aussi flambante, de la capitale, en pénétrant avec les héros dans l’Altus-Paris, dimension parallèle réservée aux vampires. Là aussi, lumières, architectures et ciels étoilés romantiques sont au rendez-vous. Comme dans le premier tome, les décors sont sublimés par le dessin élégant de Jun Mochizuki. Les larges planches de la scène de bal des vampires tapent particulièrement dans l’œil par leur beauté et il serait malheureux de ne pas prendre le temps d’en goûter les détails.

Cet « autre côté » du monde humain ne fait pas uniquement preuve de beauté, il est aussi le théâtre de nouveaux fils d’intrigue et de scènes d’action rythmée. C’est dans cette dimension parallèle que l’histoire se densifie et laisse transparaître de nouveaux fils rouges : la véritable identité de Vanitas et ses troubles aspirations ou la recherche du Charlatan, figure machiavélique responsables des maux des vampires. L’histoire s’étoffe et paraît capable de nous emmener très loin avec elle.

C’est également le rendez-vous idéal entre de nouveaux personnages. Dominique de Sade – vous l’avez, hein, la référence – , sœur de cœur de Noé, fait une entrée singulièrement fracassante. Femme-vampire indépendante et joviale, elle se fait aisément une place dans le cœur du lecteur en tant que nouvelle figure féminine forte, sexy et comique à la fois. Elle insuffle une nouvelle dynamique dans le duo Noé-Vanitas, l’empêchant de tourner en rond. Nos héros font également la rencontre de Véronica, sœur de Dominique, de Lord Ruthwen, sénateur au service de la reine,  et recroisent le chemin et la destinée du jeune Lucas et de sa protectrice Jeanne. Le récit ne laisse jamais le lecteur s’ennuyer ou s’endormir : l’intrigue et l’introduction des nouveaux personnages se font à l’aide d’une mise en scène dynamique qui apprécie visiblement les combats épiques.

RETOUR DANS LE PASSÉ

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Il n’y a pas que l’intrigue et l’univers qui trouvent une nouvelle dimension dans la suite des Mémoires de Vanitas. Son auteure prend également soin de ses personnages, tout particulièrement de ses héros, à qui elle offre une complexité et opacité nouvelles. Dès le tome 2, un chapitre est entièrement consacré à l’enfance mystérieuse de Noé. A travers ce long flash-back, les tragédies qui ont marqué son enfance sont dévoilées au lecteur qui peut alors mieux appréhender et comprendre ce personnage torturé par plusieurs failles. Vanitas, lui, se livre davantage sur ses ambitions, et lors d’une excursion dans le repère des redoutables et redoutés chasseurs de vampires, on en apprend plus sur sa réelle identité. Pour autant, son comportement demeure suffisamment ambigu et extravagant pour encore laisser planer le doute sur ses réelles intentions et les moyens d’y parvenir.

Aussi, Noé et Vanitas cessent pour un temps de se chamailler comme ils le faisaient tout au long du premier tome et entament un vrai dialogue. Chacun commence à percer les secrets de l’autre et à entrevoir les forces et les faiblesses qui les habitent. Ils se livrent et s’écoutent pour mieux se comprendre sans pour autant trop en révéler. Ainsi, leur relation évolue en même temps que celle du lecteur avec ces héros et devient plus intime. En approfondissant la psychologie des personnages, ces derniers deviennent naturellement plus attachants. Le duo promet de futurs beaux moments d’amitié.


Les Mémoires de Vanitas construit doucement mais sûrement sa mythologie propre et pose les pierres d’un édifice qui n’en finit pas de prendre de l’altitude. L’univers se fait  plus consistant et cohérent et c’est avec un plaisir non dissimulé que le lecteur s’y projette tout entier. Jun Mochizuki fait une fois de plus preuve de son talent à imaginer et matérialiser graphiquement des histoires et des mondes fantastiques. Elle ménage également bien ses surprises et nous laisse avec ce troisième tome sur une révélation qui ne rend l’attente du tome 4 que plus longue. Vivement la suite !

 

 

 

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