MANGA | Les Mémoires de Vanitas : Une nouvelle série vampirisante

Comme tout bon fruit des années 90, j’ai grandi avec le générique de Sakura en tête au milieu d’une culture pop se japonisant toujours un peu plus au rayon BD et dans les programmes jeunesse du petit écran. Aussi, comme beaucoup dans les ingrates années de collège, j’ai fait la découverte alors renversante du manga et des animes aux bagarres explosives, aux intrigues fantasques, à l’humour pétillant et aux petits animaux kawaiiEntre autres, j’avais jeté mon plus grand dévolu et amour sur la série papier et animée Full Metal Alchemist d’Hiromu Arakawa, et aujourd’hui encore, mon cœur se serre en songeant au sort de Nina et Alexander (les vrais savent). Loin d’être experte mais curieuse, je n’ai pas pu passer à côté de l’inévitable Death Note, j’ai adoré l’univers de Claymore et ai suivi avec plaisir Samouraï Champloo, avant, plus récemment, de me pencher sur L’Attaque des Titans et Tokyo Ghoul. 

Grâce à notre collaboration toute fraîche avec Ki-oon, maison d’édition française spécialisée dans le manga, j’ai désormais la chance de me mettre un peu plus à la page et surtout, de prolonger encore et toujours plus le plaisir de découvrir de nouveaux univers graphiques et fictionnels. A travers l’immense catalogue et vu mes lacunes dans cette branche littéraire, difficile de choisir des titres, je me suis donc laissée tentée par une nouveauté pour la France plus neuve que neuve, recommandée par Hiromu Arakawa elle-même, et qui semble surtout déjà susciter un vent d’extase parmi les fins amateurs.

JUN MOCHIZUKI ET SES MÉMOIRES DE VANITAS

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Les Mémoires de Vanitas est le dernier né de la main de Jun Mochizuki, mangaka dont la plume et le trait ont déjà séduit nombre de lecteurs à travers le monde avec sa série à succès Pandora Heart. Attendue au tournant, elle prend un nouveau virage fantastique : après un univers inspiré des œuvres de Lewis Carroll, elle s’intéresse désormais au mythe du vampire tel que Bram Stoker l’a inventé au XIXème siècle avec son bien connu Dracula. Publiée au Japon pour la première fois en 2015, la série est disponible depuis Juillet 2017 en France avec un premier tome édité par Ki-oon dans leur collection « Shonen ». Le second tome paraîtra le 7 Septembre prochain.

L’histoire choisit pour théâtre le Paris de la fin du XIXème siècle qui est alors touché par des attaques répétées de vampires alors que ces derniers vivent habituellement en harmonie avec leurs congénères humains. Une mystérieuse malédiction semble les pousser à la folie meurtrière. C’est dans ce contexte sombre que Noé, jeune vampire élégant, fait ses premiers pas dans la capitale à la recherche d’un manuscrit légendaire, les Mémoires de Vanitas, livre qui aurait le don d’interférer avec ce que les vampires ont de plus précieux, leur nom, et qui pourrait être à l’origine du mal qui frappe sa communauté. Mais alors qu’il n’a même pas encore foulé les pavés français, il fait la rencontre d’un humain excentrique se présentant sous le nom de Vanitas qui porte sous son bras le fameux grimoire. Le mystère se fait d’autant plus opaque quand ce dernier lui révèle sa mission : sauver les vampires de la malédiction.

UN PARIS DÉLICIEUSEMENT GOTHIQUE ET UN MONDE FOLLEMENT RICHE

Le premier point fort de ce manga et qui frappe dès les premiers chapitres c’est la richesse et la consistance de ce nouvel univers soumis à notre imagination. Dès ce premier tome, on sent d’ores et déjà que l’auteure pose les premières pierres qui formeront l’édifice d’une histoire et d’un monde complexes.

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Le mythe du vampire a toujours suscité l’intérêt et la curiosité des lecteurs/TRICES, moi la première, en atteste le succès qui ne faiblit pas de la bit-lit depuis des années. Ce mythe revisité confère ici sa profondeur à l’univers fictionnel : dans le monde de Mochizuki, les vampires cohabitent avec les humains, prennent une forme humaine plutôt séduisante et ne se nourrissent pas du sang de leurs voisins sans pouvoir. Leur âme est toute liée à leur nom qu’ils se doivent de conserver et de protéger. Si leur nom est altéré, c’est leur intellect et leur âme tout entiers qui sont corrompus et réduits à la folie. L’auteure, tout en reprenant des caractéristiques plutôt classiques, nous prouve qu’elle est capable de s’approprier ce mythe littéraire et légendaire avec une simplicité efficace en introduisant le mystère autour du nom des vampires. Elle créé ainsi à la fois sa propre légende du vampire et le nœud complexe de son intrigue qui interroge  le lien entre l’identité de ces créatures et les sanglants événements sur lesquels les personnages enquêtent.

Le mythe vampirique gagne toute sa puissance grâce au décor dans lequel il s’inscrit : un Paris romantique, gothique et steampunk à souhait ! Entre aéronefs géants, rues pavées et costumes trois pièces et hauts de forme, nous sommes invités à pénétrer dans un univers fantaisiste et sombre des plus beaux et des plus riches. On voyage avec plaisir à travers ces décors qui fourmillent de détails et qui sont des plus dépaysants, le dessin de Michozuki, fin et léger, rendant dignement grâce à la version fantastique de la capitale. La richesse et l’élégance qui se dégagent de cet univers sied totalement aux chics figures vampiriques dont le sens du style et de l’esthétique est aussi acéré que leurs canines. Ce Paris du XIXème siècle se prête parfaitement à l’intrigue sinistre qui s’y déroule et ne fait que nourrir la part de mystère de cette fiction.

C’est ainsi en toute harmonie que cohabitent vampires, esthétique steampunk, Paris romantique et crimes sanglants dans ce monde cohérent et étoffé. Cette toile de fond aussi esthétique qu’opaque nourrit l’intrigue et nous promet une narration complexe et profonde.

UNE CHARMANTE GALERIE DE PERSONNAGES

Le second point fort de cette nouvelle aventure est la panoplie de personnages, déjà large, déployée dans ce premier tome.

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L’intrigue est portée par un duo charismatique : Noé le vampire et Vanitas, humain mystérieux. Si les deux personnages reprennent le lieu commun comique du « Je t’aime t’apprécie, moi non plus », toujours efficace, il se distingue du parfait cliché en proposant un amusant renversement : contrairement à d’autres fictions fantastiques, ici, c’est l’humain Vanitas qui fait office de figure exceptionnelle suscitant curiosité et fascination, et qui veut mettre l’être légendaire à son service. De fait, Noé apparaît raisonnable, réservé et discret à l’inverse d’un Vanitas dont la première apparition est grandiose et qui se montre immédiatement sous son vrai visage : excentrique, volubile et très confiant. Il est grandement mis en scène et en valeur tant par l’importance de son rôle que par le dessin très dynamique et fin de l’auteure. Aussi, dans cette ambiance sombre, la relation entre Vanitas et Noé apporte une touche d’humour et de légèreté très appréciable et qui fait le charme du shonen. L’association de ces deux personnalités fonctionne à merveille et ces deux héros savent rapidement prendre les rennes de l’intrigue et nous faire adhérer à leurs intérêts communs et personnels.

Vanitas et Noé ne sont évidemment pas seuls : si le premier tome insiste sur leur relation, il n’en oublie pas moins de nous présenter toute une palette de personnages qui auront eux-aussi un rôle à jouer dans cette fiction. Ces derniers sont essentiellement des vampires qui, comme Noé, font plutôt preuve de discrétion (pour le moment ?); mais quelques personnalités se détachent et illustrent la part sombre de cet univers et promettent une riche intrigue principale et secondaire.


Le premier tome des Mémoires de Vanitas de Jun Mochizuki tient toutes ses promesses en nous invitant à rejoindre un univers de fiction riche, empreint d’une forte identité et à faire la rencontre de personnages originaux et attachants. Tout semble annoncer une suite divertissante et pleine de surprises. Amateurs de fantastique, tentez votre chance !

 

2 Commentaires

  1. Revisiter le mythe du vampire c’est cool, et l’univers steampunk je suis fan donc emballé c’est pesé, Kloë tu viens possiblement de créer un nouveaux fan de ce manga. Et ta plume (que j’adore sans déconner) en sera autant responsable que la qualité intrinsèque du livre.

    1. Merci beaucoup Katarn pour ce commentaire franchement sympa ! 😀

      J’espère que le manga et ma plume ne te décevront pas 😉

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