MANGA | REINE D’ÉGYPTE (Tome 3) : La naissance d’une femme de pouvoir

Aujourd’hui, petit article pour maxi coup de cœur !

Lecteurs fidèles et assidus du blog (merci !), la série Reine d’Egypte de la mangaka Chie Inudoh ne vous est pas inconnue car j’en parlais déjà avec enthousiasme et passion l’année dernière. L’éditeur français Ki-oon m’a donc fait cadeau du troisième tome de la série afin de satisfaire mon désir dévorant de connaître la suite et de pouvoir partager mes impressions à chaud avec vous.

Pour ceux qui ont manqué le premier épisode de ma romance littéraire avec ce manga et qui ont la flemme de le rattraper – je ne vous juge pas -, voilà de quoi vous mettre dans le bain sans vous mouiller la nuque : Reine d’Egypte retrace la vie intime mais surtout politique de la reine-pharaon Hatchepsout, grande figure féminine de l’Egypte Ancienne, trop souvent éclipsée de la culture populaire générale au profit de discussions sur le profil de Cléopâtre. Pourtant, elle fut une dirigeante brillante en son temps par son intelligence et sa modernité, et d’autant plus audacieuse que sa condition de femme était un réel obstacle dans son ascension au pouvoir. Chie Inudoh, passionnée d’Histoire, adapte avec brio la destinée de cette femme en mêlant habilement faits historiques, fiction romanesque (ou plutôt mangakesque) et féminisme moderne.

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Le tome 3 nous replonge dans l’ambiance aride et mystérieuse de l’Egypte Ancienne. Trois ans ont passé depuis la fin du tome 2 et la reine Hatchepsout continue de lutter et tenir tête, jour après jour, à son demi-frère et mari Thoutmosis II afin d’affirmer le pouvoir politique dont il voudrait la priver. Néanmoins, sa hardiesse exècre dangereusement ce dernier qui, perdant patience, n’exclut pas de la faire assassiner. La jeune reine, moins impulsive et plus mature qu’à ses débuts, sent bien la menace qui pèse sur elle et comprend qu’elle est obligée, malgré elle, d’user d’un stratagème nouveau pour ne pas perdre sa place ni sa vie sur le trône.

Dès les premières pages, j’ai retrouvé tout ce que j’ai aimé dans les premiers tomes de ce manga : des planches magnifiques qui détaillent costumes, accessoires, coiffes et intérieurs de palais d’une Egypte qui n’existe plus et qui fascine, une narration fluide et redoutablement addictive, et bien sûr, son héroïne, Hatchepsout.

La jeune reine a gagné en maturité mais pas en autorité quand on la retrouve. On attend avec impatience de découvrir quelles nouvelles voies elle va emprunter pour contrecarrer la féroce autorité masculine ambiante. Le voyage ne déçoit pas une fois de plus, qu’il s’agisse du voyage historique ou fictionnel : Hatchepsout se décide pour une stratégie dangereuse mais nécessaire pour asseoir son pouvoir. Alors qu’elle se débattait contre son statut de femme dans les premiers tomes avec une énergie farouche et indocile, la reine, trop concentrée sur ses faiblesses, exploite enfin toute les forces de sa condition de femme politique. Elle assume enfin sa pleine féminité et joue avec une redoutable finesse de ses atouts parmi lesquels, le plus utile : le pouvoir de donner la vie à un héritier qu’elle pourra modeler et influencer selon ses convictions profondes.

Cette ascension, toujours plus osée et dangereuse, tient en haleine de la première à la dernière page. On apprécie de voir l’héroïne grandir et mûrir au fil de l’intrigue pour doucement devenir la grande figure féminine que l’Histoire connait. La fiction parvient très aisément à nous la rendre très sympathique, poussant à l’affection et à l’admiration.

 


Si mon petit cœur palpitait déjà à la lecture des deux premiers tomes, les charmes de Reine d’Egypte se confirment tout à fait avec ce troisième tome et me font beaucoup d’effet. Chie Inudoh sait rendre l’Histoire captivante à travers une héroïne attachante et inspirante. Le seul défaut de cette série est de se laisser dévorer trop vite tant elle est bonne.

Alors n’hésitez pas à vous plonger dans cette aventure, le tome 4 sort le 3 Mai prochain, vous avez encore le temps de rattraper votre retard !

Littéraire pas ratée, aquarelliste débutante et consommatrice boulimique de films d'horreur.

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