BILLET | Mon « internet mapping project »

C’est en 2009 que Kevin Kelly, chercheur, auteur et globe-trotter américain, a lancé le Internet Mapping Project. Le principe est simple : sur un PDF à imprimer il demande aux internautes de dessiner une carte d’internet tels qu’ils la voient et d’y indiquer leur « maison ».

Pourquoi ? Parce que selon lui il existe autant de visions d’internet qu’il existe d’internautes. « Internet est vaste. Plus grand qu’une ville, plus grand qu’un pays, peut-être même aussi grand que l’univers.  […] Je me suis toujours demandé ce que les gens pensent lorsqu’ils se connectent à internet. Alors je leur ai demandé de me dessiner une carte d’internet tel qu’ils le voient. C’est tout. » Plus de cinquante personnes de tous âges et de tous niveaux se sont prêtées au jeu.

Le résultat est impressionnant. On y reconnaît une arborescence chez l’un, l’esquisse d’un cerveau chez un autre. Certains sont très détaillés quand d’autres ne font apparaître qu’une poignée d’éléments voire quelques gribouillis. Dans certains dessins le sujet se représente au centre lorsque dans d’autres il en est complètement absent.

Pour Kevin Kelly cet exercice n’a pas seulement pour but d’assouvir sa curiosité. Il l’imagine également comme étant un possible support sociologique à des études sur le média internet.

Le projet m’a plu tant par son caractère ludique que sa démarche scientifique et m’a amenée à maturer cette réflexion de la vision que j’avais d’internet. Ou plutôt de mon internet. Le média est peut être vaste mais mon expérience est réduite à du factuel quantifiable que j’ai voulu vous partager ici. C’est donc avec une qualité de dessin qui va vous faire décomplexer de la vôtre que je vous présente mon Internet.

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Ma carte d’internet tel que je l’appréhende.

TWITTER

TIMP twitterA une époque où les réseaux sociaux sont d’importants outils individuels et professionnels, Twitter est le réseau social qui me correspond le plus. J’aime devoir exposer une idée en 140 caractères, photos et liens compris. J’aime aussi l’essence de la communauté Twitter. Pour moi c’est un vrai réseau de partage même si ce phénomène tend à s’émousser un peu ces dernières années.

Lorsque j’évoque Twitter, ma mère me parle souvent de la communauté en les appelant les « mecs de Twitter » comme si on était une quinzaine d’utilisateurs qui se connaissaient tous. Même si elle me fait sourire, sa phrase témoigne d’une proximité entre utilisateurs que je trouve très juste – tout au moins dans mon cercle. Plus personnel que Snapchat mais sûrement moins qu’Instagram ou Facebook, c’est pour moi l’endroit où je partage ce que j’appelle le moins privé de ma vie privée.

TWITCH

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Twitch est la seconde plateforme sur laquelle je passe le plus de temps. Dessus j’y partage ma passion pour le jeu vidéo, mes découvertes vidéoludiques autant que des moments personnels instantanés avec des auditeurs. J’ai aimé devoir apprivoiser la diffusion streaming tant au niveau de la compréhension de son fonctionnement que de la mise en forme que j’ai dû lui donner. J’ai aimé pouvoir apprendre à conduire une émission en auto-réalisation comme PiXXL entre autres exemples. Ce qui m’attache particulièrement à Twitch c’est évidemment son caractère direct et l’instantanéité de moments très forts que j’ai pu partager avec des personnes que j’apprécie. Cette activité occupe une place importante dans ma vie et aussi étrange que ça puisse paraître, pour l’heure je n’imagine pas mon quotidien sans moments à partager en live avec d’autres personnes.

MES DÉCOUVERTES

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J’ai eu la chance d’avoir un accès à la toile très tôt grâce à mes parents plutôt technophiles. Internet est un fourre-tout dans lequel s’entremêlent du vrai et du faux, surtout lorsqu’on laisse venir l’information plutôt qu’en allant jusqu’à elle. Mais ce média est un fabuleux support de découvertes de quelle nature qu’elles soient. J’y ai appris énormément sur des sujets très variés et je considère la toile comme un outil de savoir presque inextinguible dont je ne pourrais pas imaginer pouvoir me passer un jour. Bien loin de penser que l’arrivée du web a mis à mal le média télé, la radio ou encore la presse écrite, il se place comme un nouveau support d’information dont les règles sont intrinsèques à sa nature et à son caractère international.

MES RENCONTRES

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Ce sont les personnes qui ont croisé ma route un jour. Certaines pendant quelques heures ou quelques jours. D’autres avec lesquelles j’ai noué des liens à long terme. D’autres encore avec lesquelles nous sommes devenus des amis. D’âges différents, de situations socioprofessionnelles différentes, de situations géographiques différentes. En boulimique de relations sociales, cet aspect du web me donne l’opportunité de rencontrer des personnes que je n’aurais peut-être pas été susceptible de croiser. Je m’enrichis de leur expérience, de leur savoir et également de leurs anecdotes de parcours. Internet porte son lot de négatif, certes, mais il réussit à connecter les humains entre eux de manière spectaculaire.

MA FUTURE CARTE D’INTERNET

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Ce sont toutes les découvertes que je n’ai pas encore faites, tous les instants que je n’ai pas vécus, toutes les rencontres qui ne sont pas encore arrivées. Ce sont mes futures activités et mes futures envies. En clair c’est une représentation de tout ce que j’ai à vivre sur internet. C’est un média que je chéris car c’est un élément important de mon quotidien et j’espère qu’il sera encore témoin de beaucoup de positif dans ma vie. Chaque seconde internet s’enrichit et il me paraît évident qu’à l’instant où j’aurai posté ma carte d’internet tel que je le vois elle sera déjà obsolète.

Et vous, à quoi ressemble votre carte d’internet ? Avez-vous déjà maturé une réflexion similaire en essayant de vous représenter dans votre environnement sur la toile ? Si vous en avez le temps, je vous invite à réfléchir un instant sur votre relation au web. Qu’est-ce que votre maison ? Qu’est-ce qu’il vous apporte ? Et peut-être à coucher sur papier votre contribution à l’Internet Mapping Project.

3 Commentaires

  1. J’ai tellement de sites différents que je visite, et de temps passé sur le net que j’aurais du mal a en dessiner une carte 🙁

  2. Je pourrai faire ma propre carte en effet un de ces jours. Je découvre quelque chose dans cet article en tout cas.

  3. Je ne connaissais pas non plus ce beau petit projet, et je vois que tu y as consacré un certain soucis du détail. Il est bien mignon ton dessin en tout cas !

    Je pense aussi que j’imaginerais Internet sous la forme de l’univers, mais plus récemment, comme je m’intéresse à la culture de pleurotes en intérieur (sur du marc de café que je pourrais alors recycler) et par extension au mycologue Paul Stamets que j’ai découvert dans les conférences de TED (merci Youtube) et qui pense que le mycellium pourrait sauver le monde (en décomposant notamment de la matière fossile et des virus comme Ebola ou la grippe) : on retrouve les noeuds de la Toile dans la colonisation du mycellium (le blanc du champignon) qui construit des noeuds sous le sol dans les bois pour échanger les ressources. Quand un noeud est coupé, d’autres prennent le relais, exactement comme un réseau informatique ou les neurones du cerveau. Dans l’univers, c’est évidemment l’agencement des galaxies, étoiles, … qui rappelle visuellement le réseau.

    Tu écris de beaux articles (j’ai dû rechercher la définition d’inextinguible, bravo, je me sens profondément débile, plus que d’habitude). ;=)

    Moi souhaiter bonne continuation à toi.

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