AVIS | Ori and the blind forest

À l’attention de chercheurs égarés en quête d’un avis individuel.

Ils sont des jeux que vous avez tellement à la bouche que vos proches ont fini par vous soupçonner d’avoir contracté un début de syndrome de Tourette. Pour ma part, Ori and the blind forest en fit partie.

Ori à l’E3. Ori à la Paris Games Week. Ori sur Twitter. Ori. Ori. Tu peux me passer le sel ? Ori. Non pas Stargate, le jeu indé. Ori. Ori. Ori…

Jusqu’au jour où…

ORI 12

Sorti le 11 mars de l’an de grâce 2015 et premier né des studios Moon édité par Microsoft sur Windows et Xbox One, Ori and the blind forest se place déjà comme l’une de mes meilleures découvertes vidéoludiques de cette année.

Après avoir passé mes derniers jours à retourner savourer le jeu –trop pour que cela ne finisse pas par gravement empiéter sur ma vie sociale– j’ai décidé de vous livrer ici et en tout narcissisme ma review du sublime, désiré, fantastique et délicieux jeu de plate-formes 2D qu’est Ori and the blind forest.

DES GRAPHISMES ENCHANTEURS

Ori nous plonge au coeur de Nibel, monde mélancolique dont la nature presque morte dégage toutefois une atmosphère reposante et étrangement agréable faisant la part belle à des graphismes léchés, colorés mais réalistes. Les jeux de lumière subliment des tableaux riches en détails. L’ambiance onirique qui se dégage vous rappellera peut-être la série Trine dans un esprit moins saturé.

Les personnages principaux font écho à l’univers de Miyazaki et pour cause : la team le cite comme l’une de ses sources d’inspiration. Ainsi les rondeurs rassurantes de Naru rappelleront Totoro aux moins imaginatifs d’entre vous tandis qu’Ori prendra la forme d’un félin aussi habile que craquant.

Qu’on se le dise : graphiquement le jeu est sublime et nous plonge avec poésie dans toute la grandeur et la décadence de ce monde aux multiples visages : de la forêt enchantée jusqu’aux confins des grottes imposantes en passant par les menaçants bois brumeux dans une ode à la nature sous toutes ses formes.

© 2014 Microsoft
© 2014 Microsoft

UN SCÉNARIO POÉTIQUE

Ori, félidé égaré puis adopté par Naru, se voit confier la lourde tâche de ramener Nibel à la vie en rétablissant les éléments de l’eau, de l’air et du feu. Si le scénario paraît simple et plutôt convenu au premier abord, il constitue néanmoins une base solide du jeu et viendra s’étoffer par la suite.

Poétique -je le mentionnais tantôt- le jeu nous propose aussi une réflexion sur l’amour et la mort, deux états qui s’entrelacent étroitement tout au long de notre progression. L’histoire est teintée de tristesse et d’espoir et le ton nous y est donné dès le prologue. Ainsi les auteurs se détachent avec brio d’une vision manichéenne dans laquelle il serait facile de tomber en plaçant les gentils gentils face aux méchants méchants. Ici et grâce à un scénario rondement mené, il n’en est rien. Tout est dans la nuance et l’on finit même par compatir à la tristesse latente de chacun des personnages.

Le scénario possède néanmoins un défaut intrinsèque : son avancée. Gare à ceux qui -comme moi- aiment scorer pour pouvoir se satisfaire d’un joli « 100% » en fin de run : certains événements du jeu rendent des retours en arrière malheureusement impossibles. Un choix que je qualifierais de maladroit et qui sera susceptible de frustrer certains joueurs alors que le jeu est présenté comme semi-linéaire avec une tendance à l’exploration manifeste.

© 2014 Microsoft
© 2014 Microsoft

UN GAMEPLAY EFFICACE

De la plate-formes 2D empruntant les codes du genre metroidvania, voici à peu près les termes dans lesquels les studios Moon qualifient leur bébé. Au premier abord, la formule paraît simple et ne nous voilons pas la face : elle l’est. Mais cette simplicité s’avère terriblement efficace puisque très bien réalisée.

Le gameplay est fluide et intuitif et s’étoffe à mesure que nous progressons, le rendant agréablement évolutif en nous dispensant d’une phase de tutoriel qui aurait pu nuire à la constance du jeu. L’essentiel y est : on prend du plaisir à jouer. Par ailleurs, la difficulté est elle aussi évolutive et nous offre un challenge équilibré : accessible aux novices et parfaitement relevé pour les habitués du genre.

Néanmoins, n’omettons pas qu’Ori se pare d’une importante facette die&retry qui vous donnera parfois du fil à retordre. L’impossibilité de créer un point de sauvegarde lors de phases très longues et extrêmement punitives est clairement dommageable et la phase de scrolling vertical de l’arbre Ginso traumatisera toute une génération de joueurs des moins aux plus chevronnés.

ORI 3
© 2014 Microsoft

UNE BANDE-SON VOLUPTUEUSE

Composée par Gareth Coker -nom à peine émergeant du paysage de la composition musicale vidéoludique et cinématographique- la bande-son est en elle-même un véritable chef-d’oeuvre empreinte de toute la délicatesse et la volupté qui se dégagent du jeu. Oniriques, à la fois tristes et enivrants, les thèmes sont gracieux sans être entêtants. L’OST se compose de 32 pistes disponibles sur iTunes pour 8,99€. La musique du trailer est par ailleurs disponible gratuitement sur le soundcloud du compositeur, accompagnée de plusieurs de ses autres travaux.

Elle est d’ailleurs la découverte de la semaine du PiXXL n°14 –habile placement de contenu– et le compositeur m’a follow sur Twitter. Et ça, vous avouerez que c’est quand même la classe.

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EN CLAIR

En clair : si vous cherchez un jeu faisant la part-belle à la fois au gameplay et aux graphismes : foncez ! Bien qu’il présente quelques défauts et une rejouabilité limitée si ce n’est pour le plaisir de débloquer les succès du jeu, Ori and the blind forest est l’une de ces pépites qui sortent des sentiers battus pour nous proposer un voyage de l’esprit dans un monde que vous prendrez beaucoup de plaisir à découvrir.

CE QUE J’AI APPRÉCIÉ

CE QUE J’AI REGRETTÉ 

  • Le scénario bien amené
  • Le gameplay évolutif
  • La bande son de Gareth Coker
  • Les sous-titres en français
  • La progression rapide
  • La beauté des tableaux dessinés
  • Des retours en arrière impossibles
  • La courte durée de vie
  • Le manque de rejouabilité

3 Commentaires

  1. Hello !

    C’est avec plaisir que je découvre ton premier article, et je ne suis pas déçu. Les phrases sont bien trouvées, les mots restent assez simples (fais attention quand même à rester dans cette simplicité quant au choix de tes mots), le tout est très agréable à lire.

    Test pertinent d’un jeu que je n’ai malheureusement pas encore eu l’occasion de toucher, et j’espère que ça changera, car cet article me conforte dans l’idée d’y jouer dès que possible.

    En espérant voir d’autres articles très bientôt :).

    1. Bien que ce commentaire ait maintenant presque huit mois merci Sun c’est vraiment gentil et j’espère qu’entre temps tu as pu tâter un peu cet Ori and the blind forest qui reste encore à ce jour un de mes coups de coeur de 2015 !

  2. Encore un jeu (est-ce une impression que j’ai ?) qui met l’accent sur l’ambiance, la poésie, ce graphisme de toute beauté. Tant mieux, d’autant plus qu’il est excellent après avoir suivi quelques runs.

    Des OST sublimes et l’histoire est assez triste à mon avis.

    Si on veux avoir un peu de challenges, on ne prends que les compétences obligatoires ou nécessaires pour avancer. Sinon pour te faciliter la tâche on « farm » pour débloquer plus de capacités.

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