PACK HALLOWEEN 3 | Halloween … mais pour rire

Je vous l’avais promis, il y en aura pour tout le monde ce mois d’Octobre, même pour vous, oui VOUS, les frileux et les peureux, mais aussi et toujours, pour vous, les amateurs d’horreur. Parce que vous avez le droit de ne pas avoir envie d’avoir peur, cette semaine, je m’attaque au versant plus bête et léger de l’horreur associée à Halloween, à savoir, les comédies horrifiques. Jamais bien loin de flirter avec le nanar – quand ils n’en sont pas carrément un -, ces films savent combien les sujets d’angoisse peuvent être aussi sujets à rire. La nécessité de décrédibiliser et ridiculiser ce qui fait peur se fait ressentir plus que jamais dans ces intrigues au scénario de moins de dix mots et aux psychologies de personnages écrites par un collégien en panne d’inspiration. Plus c’est lourd, plus c’est grotesque, et mieux ça passe.

Bienvenue dans ce monde merveilleux où rien n’est grave, même quand le faux sang coule à flot et que les effets spéciaux coulent la réalisation. Invitez des amis, lancez NETFLIX et parlez gaiement sans mauvaise conscience par dessus les dialogues de ces quatre films.

CHUCKY, LA POUPÉE DE SANG (CHUCKY 2), de John Lafia

Chucky

Impossible de parler d’horreur sans évoquer au moment le plus opportun la saga des Chucky, du moins, un de ses films. Si la série est marquante, ce n’est pas tant par sa faculté à faire cauchemarder les plus sensibles que par son improbable évolution de l’épouvante vers la comédie horrifique bouffonne et grossière. Au fur et à mesure des films, Chucky se fait plus bavard, plus stupide, plus bêtement cruel, se marie et a un enfant; un véritable feuilleton familial avec des coups de couteau gratuits entre deux heureux événements !

Chucky, la poupée de sang, sorti en 1990 est la suite d’un premier film, Jeu d’enfant, sorti en 1988 et réalisé par Tom Holland – non, pas Spiderman. Heureusement pour vous, nul besoin d’avoir vu ce premier film pour comprendre le deuxième. Tout ce que vous avez besoin de savoir c’est que Chucky est une poupée à l’intérieur de laquelle se trouve l’âme de Charles Lee Ray, un tueur psychopathe, qui a fini là grâce à de la magie vaudou. Après une première péripétie dans un premier film qui finit mal pour la poupée, Chucky est de retour dans ce second opus après avoir été réparé par des ouvriers stupides. Il repart alors promptement à la poursuite d’Andy, jeune garçon dont le tueur souhaite prendre le corps depuis le premier film, car la vie dans un corps de poupée est plutôt ingrate. Il s’introduit alors chez le garçon et le traque sans relâche.

Quand bien même le film se revendique encore comme un modeste mais bien pur film d’horreur, il est honnêtement difficile de conserver tout son sérieux. Chucky ne parvient jamais à être tout à fait inquiétant avec sa démarche de manchot et sa tête de poupon. Le personnage, comme l’action, demeure bête, méchant et ridicule. De plus, l’esthétique peu esthétique et vieillie des années 80/90 ne fait que rendre l’horreur moins crédible. Autrement dit, un film de choix pour parler et rire devant entre amis.

La saga (épique) des films SHARKNADO

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Faut-il encore présenter Sharknado ? Ce téléfilm américain diffusé en 2013 sur la chaîne SYFY a connu un rayonnement mondial et est devenu le navet le plus culte de la décennie. Fort de son succès, plusieurs suites ont été déclinées et bien évidemment, tous les films sont disponibles sur NETFLIX.

Les plus bilingues d’entre vous l’auront compris : Sharknado, c’est l’histoire d’une tornade avec des requins dedans, qui s’abat sur la ville et sème la panique. On comprend vaguement que nous sommes censés nous attendre à une sorte de film de monstres marins sous couverture de catastrophe naturelle. Voilà, il n’y a pas franchement plus à dire.

Ce qui fait le charme de Sharknado, ce n’est donc pas son scénario, mais plutôt son incroyable capacité à étonner de nullité ses spectateurs sur tous les aspects cinématographiques possibles. Le film est affreusement réalisé, horriblement joué, ignoblement mis en scène et atrocement desservi par des effets 3D digne d’un jeu de Nintendo 64. Le cocktail parfait pour passer une soirée ultra sereine quand bien même vous avez la phobie des fonds marins et des clichés des films de survie. L’absurdité est telle que ces films ont clairement pour unique vocation de vous faire passer un bon moment, soumettant à votre analyse nombre de ratés et d’incohérences à mettre en lumière. A consommer très frais et à plusieurs sous peine de subir l’effet inverse du navet, à savoir, une soirée profondément ennuyeuse.

JENNIFER’S BODY, de Karyn Kusama

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Cette fois, ça y est, on est sur un film qui s’assume totalement tel qu’il est : une comédie d’horreur pour adolescents – et autres – qui ne se prend pas la tête. Sorti en 2009, vantant en haut de son affiche un duo Megan Fox / Amanda Seyfried, Jennifer’s body ne brille pas par les critiques, et pourtant, si on le prend simplement pour ce qu’il est, il est le compagnon sympathique et idéal pour une soirée Halloween où l’on ne sursaute pas au fond du canapé.

Dans une petite ville américaine, Jennyfer et Needy sont copines depuis l’enfance : Jennyfer est d’une beauté extravertie qui laisse peu de garçons indifférents et elle le sait; Needy elle, arbore un look de bibliothécaire coincée et file un amour gentillet avec son petit ami Chip. Malgré leurs différences, Jennyfer et Needy sont inséparables. Un soir, un groupe de rock vient jouer dans un bar de la ville mais rencontre peu de succès. En effet, les garçons du groupe sont meilleurs satanistes que musiciens et prétextent ce concert pour en réalité trouver une vierge à offrir à Satan. Ils pensent alors faire le bon choix en choisissant Jennyfer…

Ne vous y méprenez pas : je n’affirme pas que le film de Kusama est le film du siècle, mais il faut bien reconnaître que, dans son genre, il est franchement plaisant à voir. Jennifer’s body reprend avec enthousiasme et une Megan Fox pleine de second degré, les clichés et les références de l’épouvante et du fantastique tout en copiant joyeusement les codes du teen movie. Le film est facilement drôle, gentiment trash et frais comme le sang qui coule à l’écran. Il a conscience de ses inspirations et aspire seulement à divertir, avec succès.

SHAUN OF THE DEAD, de Edgar Wright

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Que diriez-vous de finir cet article sur une bonne note ? Ça tombe bien car j’ai gardé le meilleur pour la fin ! Shaun of the dead est un film du chouette réalisateur Edgar Wright, plutôt connu pour mettre pas mal de monde d’accord sur ses films; je vous ai d’ailleurs déjà parlé de lui plus tôt dans l’année sur le blog, à propos de son adaptation réussie de Scott Pilgrim.

Shaun of the dead, sorti en 2005, est lui aussi à mi-chemin entre la comédie et l’épouvante. Il fait parti de la trilogie Blood and Ice Cream – Sang et Cornetto – aux côtés de Hot Fuzz et Le Dernier Pub avant la fin du monde. Le film nous présente Shaun, trentenaire lambda sans talent, ni ambition, dans une petite vie en banlieue londonienne sans magie ni fioritures. Il vit en colocation avec ses amis et préfère passer son temps libre au bar plutôt que d’accorder du temps et de l’attention à sa petite amie Liz. Cette dernière décide d’ailleurs de le quitter, plongeant Shaun dans la plus grande tristesse et sa plus grande beuverie. A son réveil, Londres est envahi par les zombies, l’occasion pour lui de briller aux yeux de celle qu’il veut reconquérir.

Considéré par certains – comme Quentin Tarantino ou Stephen King – comme un des meilleurs films de zombies existants, Shaun of the dead n’a pas à rougir de sa cote de popularité, car, contrairement à ses trois comparses ci-dessus, il est effectivement un très bon film ! Il reprend avec intelligence sur un ton burlesque et absurde les plus grand codes du film de zombies et s’en amuse : anti-héros immature et empoté, instinct de survie peu convaincant, situations cocasses et dialogues juteux sont au rendez-vous. L’accent british de la comédie est absolument délicieux et se joue des blockbusters horrifiques. Un vrai bon moment à passer seul ou à plusieurs le soir d’Halloween ou quand bon vous semble !

 

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