SÉRIE | STRANGER THINGS saison 2 : (re)bienvenue à Hawkins

Après une arrivée tonitruante sur NETFLIX fin 2016, la première saison de Stranger Things, création originale des frères Duffer à l’ambiance qui sent bon les 80’s, a largement conquis nos coeurs jusqu’à un épisode final laissant osciller entre la hâte de dévorer la prochaine saison et l’overdose de madeleines de Proust. Si, comme pour tout enfant ayant grandi avec les GooniesE.T. et les baskets à LED, j’ai succombé avec plaisir à la surenchère des clins d’oeil et à l’ambiance SF sortie de son petit bocal de formol pour l’occasion, il m’est également apparu assez primordial que la seconde saison puisse transformer l’essai en délaissant les références à foison pour poser des bases de scénario plus solides et ainsi pérenniser notre intérêt pour la suite.

C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme, un peu de réserve et un certain degré d’irrespect pour ma sociabilité que j’ai englouti sans honte la seconde saison de Stranger Things sortie ce 27 octobre. Qu’on se le dise d’emblée : il y a du mieux, du moins bien et du bizarre. Pour autant, cette petite piqûre d’Oingo Boingo, de synthé et de simili-coupes mullet a bien contenté la nostalgique en moi. Me voilà parée à vous livrer (sans spoil !) mes impressions concernant cette nouvelle plongée dans les péripéties fantastiques de la petite bourgade de Hawkins.

Bienvenue à Hawkins

La saison ouvre sur des visages encore inconnus et met le ton : plusieurs nouvelles têtes vont venir enrichir le casting et se frotter à l’étrange qui règne dans la petite ville de l’Indiana. Si certains donnent l’impression d’être simplement présentés pour un rapide serrage de main avant d’être gardés sous le coude pour plus tard, d’autres vont faire muter les relations déjà existantes entre les personnages, et c’est l’un des points forts de cette saison 2.

L’accent est mis sur les relations interpersonnelles, et même si ce parti pris peut déplaire, il a au moins le mérite de participer à la création de cette base qui a manqué à la saison 1 dont les interactions –hormis celles de la bande principale– s’avéraient être aussi superficielles que fausses. Des duos se font et se défont pour donner de l’importance à des personnages secondaires qu’on découvre enfin et avec plaisir. Et grâce à cette mise en valeur, certains éclipseraient presque le gang principal.

Ma référence à moi

Côté réalisation, on prend les mêmes et on recommence. À l’exercice de l’esthétique visuelle, l’équipe ne semble pas avoir perdu la main. Les couleurs, les plans et les transitions sont léchés avec une mention spéciale pour l’esthétique de l’entre-deux-mondes encore plus que celle du Monde à l’envers. Niveau audio, en revanche, on est déjà sur du plus bourrin à base de gros moteurs de vieilles voitures et de pistes rock dans un mixage son général assez déplorable à t’en faire perdre un tympan si tu n’as pas le réflexe télécommande assez rapide. Seuls le sound design, le générique au synthé et la succincte voix de Danny Elfman ont trouvé grâce à mes oreilles.

Si les premiers épisodes retombent dans leur travers de références à foison aux années 80 au cas où tu l’aurais oublié, la suite la joue plus en subtilité et nous permet d’éviter de justesse l’indigestion de madeleines (de Proust) de la fin de la première saison. Pour autant, cet effacement ne rend pas forcément service à la trame scénaristique, car c’est bien là qu’on frôle la catastrophe.

C’est la chenille qui redémarre

On ne m’enlèvera pas de l’idée que les frères Duffer ont pensé cette saison en deux parties, la seconde portant l’intitulé « saison 3 ». 9 épisodes, c’est assez peu pour obliger les réalisateurs à envoyer un truc qui tabasse. Hors, ici, il n’en est rien. Le cadre met au bas mot 4 épisodes à se poser puis prend moult faux départs avant d’enfin prendre son envol dans les deux derniers épisodes. Le rythme est saccadé comme jamais, si bien qu’on passe son temps à attendre que ça arrive, et c’en est presque irritant. Les réalisateurs se permettent même d’enclaver un épisode 7 complètement hors-série en plein milieu d’une trame scénaristique qui peine déjà à trouver du rythme et de la consistance.

Le scénario est justement plutôt sexy sur le papier mais l’arborescence des trames scénaristiques secondaires participe vraiment à l’impression d’un éparpillement du propos. Le final, quant à lui, ne boucle pas grand chose et, au contraire de la saison 1, nous laisse sur un cliffhanger plutôt insipide. Tout donne finalement l’impression d’une pause de mi-saison pensée en 18 épisodes, et la hâte qui jadis avait découlé du précédent final se transforme ici en une attente stoïque.


Si les problèmes de rythme et de scénario commencent à sérieusement poser des questions quant à la suite de la série, la réalisation et l’écriture des personnages remontent clairement le niveau. Qu’on se le dise : le temps d’un week-end j’ai replongé avec un plaisir non feint dans l’étrange qui entoure Hawkins. L’essai s’avère au final à demi-transformé et mes déceptions ne m’empêcheront pas d’attendre la saison 3 avec ferveur, sûrement car la nostalgie a ses raisons que la raison ignore.

Journaliste déchue, rêveuse en plein spleen, dangereuse vegan et slowrunner de talent.

2 Commentaires

  1. Je suis assez d’accord avec cette critique… Je pardonne également les defauts de la narration, d’autant que la nostalgie et certaines références fonctionnent toujours avec moi

  2. je crois que j’aurais pas dit mieux… On reste sur du bon, niveau réalisation et musique, après on s’enferme sur de la référence à gogo qui manque clairement de subtilité…. le film ça a réussi à clairement ancrer une époque visuellement sans jeter à la tronche les goonies ou autre donjon et dragon.

    Niveau fantastique on retrouve peu de nouveauté, à par un antagoniste qui ne surprend jamais, l’épisode 7 est une pause clairement insupportable, bref j’ai un arrière gout amer sur cette saison.

    J’ai beaucoup aimé les persos ajoutés, notamment Maxine. Tiens, encore une référence discrète, ça… Les frères Duffer devront vraiment proposer autre chose pour la saison 3, ça risque d’être compliqué sur le long terme autrement…

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